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 Education et affection

 

Les 3 enfants  eurent à souffrir de l’ attitude irresponsable de leurs parents autant Franz que  Marie qui lorsqu’ ils se séparèrent,  se déchirèrent   et  ne  leur prodiguèrent pas suffisamment d’ affection.

Des décennies plus tard,  Cosima, fille cadette seule survivante  relisant les lettres envoyées par ses parents, soulignera  que ceux-ci  se sont battus sur leur dos et que seul Richard Wagner l’ a aimée.

Par contre, matériellement ses enfants ne manquèrent jamais de rien, Liszt se fit un point d’ honneur à pourvoir financièrement, seul,  à tous leurs besoins en essayant de leur donner le maximum,  pour qu’ ils soient à leur aise   dans une société privilégiée et que ses filles Blandine et Cosima puissent y  tenir honorablement un  foyer. 

Ils ont été élevés à distance et par correspondance par leur père qui ne cessait de sillonner les routes européennes pour ses concerts. Liszt était  exigeant, s'enquierait  de tout ce qui les concernait, leur progrès, leurs connaissances, leur éducation religieuse et musicale, leur fréquentation. Il faisait preuve d’ une grande sévérité, c’ était le « pater familias »,  les enfants devaient lui être reconnaissants et être dignes de  ce père qu’ ils admiraient.  Ce qu’ ils firent et il a  eu de la chance, parce qu’ il est quand même resté  plus de 8 ans  sans venir leur rendre visite  à Paris.  

En conclusion, l’ exercice d’ une paternité affectueuse n’ a pas été le fort de Liszt et et on ne peut que donner raison à Émile Ollivier, le mari de Blandine qui après le  décès de celle ci ecrivit:

« Peut-être y aurait-il dans les œuvres grandioses de Liszt un accent ému qui y manque s’ il avait eu pour ceux qu’ il a mis au monde un cœur plus paternel et s’ il avait cru leur devoir autre chose qu’ une dot. »

Leur mère Marie  d’ Agoult  n’ a pas non plus  été  un modèle  de mère affectueuse  dédiée à ses enfants. On se souvient qu’ elle « laissa » à chaque fois les 3  enfants qu' elle eut avec Franz en  nourrice.  Ainsi  Daniel, alors qu’ il avait été confié près de  Rome à une nourrice qui le laissait dépérir et que le peintre Lehmnan ami de Marie après avoir alerté cette dernière, avait voulu le retirer de cette famille pour le sauver, Marie fataliste lui répondit qu' il fallait l’ y  laisser à la volonté de Dieu. Heureusement Lehmann récupéra l' enfant et lui redonna vie, Daniel vécut jusqu’ à 20 ans. On peut aussi rappeler que Marie, bien que parisienne, resta une dizaine d’ années sans venir voir ses enfants qui habitaient eux aussi à Paris. 

C’ est là le grand reproche sur lequel sont unanimes tous les lisztiens mais nous étions au 19 ème,  le détachement envers les enfants, la rigidité de l’ éducation, la mise en nourrice étaient trop  souvent la règle et il fallait souffrir  que près de la moitié meurent  en bas âge.  Marie   a été  engluée dans sa vie  de salonnière avec une  mère qui a refusé de voir les trois « bâtards »  qu' elle eut avec Liszt. Pourtant   ils ont tous deux  vraiment souffert   du décès de  leurs  enfants. Marie  resta inconsolable de la perte de sa petite Louise âgée de 6 ans quant  à Liszt il a aussi été très marqué par le décès de son fils Daniel à 20 ans et 3 ans plus tard par celui de sa fille aînée Blandine  à 27 ans. Il  montrera ensuite beaucoup d’ affection pour  Cosima et ses petits enfants notamment Daniela fille aînée que Cosima eut avec Hans von Bulow , mais pour Cosima, c’ était sans doute trop tard.

 

Ce qui est étonnant c’ est que  Liszt a su être affectueux avec d’ autres  enfants ainsi de sa relation avec Marie (1837-1920)qui deviendra la princesse Hohenlohe,  fille de Carolyne Sayn-Wittgenstein. Elle vécut une dizaine d’ années avec eux à  Weimar  Liszt l’a vraiment chérie.  Dans  la correspondance qu’ il a eue avec elle, il montre tellement plus de chaleur, de prévenance et d' admiration qu’ avec ses enfants. Marie le lui rendra puisque devenue héritière de Liszt à la mort de sa mère , la princesse Carolyne, elle accordera 70000 marks pour créer une fondation Liszt et léguera tous les  souvenirs de Liszt au musée de Weimar.

Il a su aussi être affectueux et admiratif des 4 jeunes garçons de la comtesse Olga Meyendorff,  sa dame de compagnie à Weimar à partir des années 1870.

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