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Les parents de Franz Liszt

Son père : Adam Liszt (1776-1827)

Son père, Adam Liszt (1776-1827), était un musicien passionné et doué. Il joua dans l’orchestre des Esterházy comme violoncelliste, jusqu’à être nommé, à son grand malheur, intendant comptable de l’immense cheptel ovin du prince Nicolas II Esterházy, fonction qu’il quittera plus tard pour se dévouer à la promotion de son fils Franz.

Très tôt, il sut reconnaître les dons exceptionnels de ce fils unique et l’emmena à Vienne pour lui faire suivre des cours avec Carl Czerny*, qui avait été l’élève de Beethoven. Il engagea le petit Franz dans sa première tournée européenne en 1823.

C’est au retour de sa troisième tournée en Angleterre, et après avoir sillonné toute la France, qu’Adam Liszt, très fatigué — et que dire du petit Franz — souhaita se reposer à Boulogne-sur-Mer, où il mourut de la typhoïde, laissant son fils seul à quinze ans et demi. C’est la famille Érard, facteurs de pianos et « sponsors » de Liszt, qui se chargea de l’inhumation.

Des similitudes existaient entre le père et le fils : deux musiciens attirés par la vie monastique. Comme son père, Franz deviendra franciscain. Mais autant Liszt apprécia sa mère et le fit savoir, autant il resta silencieux à propos de son père : jamais il n’ira se recueillir sur sa tombe à Boulogne. On peut penser que Liszt se sentait exploité par son père, comme Amadeus Mozart le fut, et que cette pression paternelle a dû lui paraître parfois insupportable.

Voici ce qu’Adam Liszt écrivit dans son journal :

           « Mon fils, tu es élu par le destin ! Tu réaliseras cet idéal artistique qui a en vain enchanté ma jeunesse. Tu accompliras ce que j’avais espéré pour moi. Mon génie, né en moi à un moment inopportun, sera fécondé par toi. En toi, je veux me rajeunir et me continuer. »

Orphelin à près de seize ans, Franz fit venir sa mère du village de Raiding, alors situé dans l’Empire austro-hongrois, et assuma seul, toute sa vie, l’entretien de cette mère qu’il aimait tant.

Sa mère : Anna Lager (1784-1866)

Sa mère, Anna Lager (1784-1866), issue d’une famille de paysans et orpheline très jeune, dut assurer sa subsistance en devenant femme de chambre à Vienne. La fréquentation des familles aisées chez lesquelles elle travaillait contribua à lui donner une certaine éducation. Fervente catholique, c’était une mère affectueuse, dévouée et intelligente, dotée de belles qualités morales.

Sa mère, que Franz fit venir à Paris, éleva avec beaucoup d’amour les trois enfants qu’il eut avec Marie d’Agoult, dans le respect et la vénération de leur père, son fils.

Liszt l’a profondément aimée :

« Ma mère […] il n’y a qu’elle au monde que je puisse aimer pleinement. »

Ou encore :

« Je remercie ma mère avec vénération et tendresse de ses constants témoignages de bonté et d’amour. Dans ma jeunesse, on disait de moi que j’étais un bon fils ; il n’y avait aucun mérite à cela, car comment ne pas être un bon fils avec une mère aussi exemplairement dévouée ? »

Elle admirait son fils et se tenait à ses ordres, celui-ci jouant le rôle de pater familias, unique source financière. Elle obéit parfois en pleurant, n’ayant jamais réussi à faire fléchir son fils sur les décisions intransigeantes, voire cruelles, qu’il prenait concernant ses enfants lorsqu’il voulut les soustraire à l’influence de leur mère, Marie d’Agoult :

« Les enfants portent tous trois mon nom et j’ai sur eux un droit absolu. »

Elle resta à Paris jusqu’à la fin de ses jours. Sa petite-fille aînée, Blandine, s’en occupa, puis, après le décès de cette dernière en 1862, ce fut son mari, Émile Ollivier, gendre de Liszt, qui, rue Saint-Guillaume à Paris, prit soin de sa belle-mère jusqu’à ses derniers jours et l’inhuma au cimetière du Montparnasse.

Langue, culture et religion

Père et mère ne parlaient qu’allemand, pas hongrois. À Raiding, à la frontière austro-hongroise, c’était l’allemand qui était pratiqué. Pourtant, tous deux se sont toujours sentis profondément hongrois, de culture magyare.

Comme ses parents, Liszt ne parlait pas le hongrois, mais n’a cessé de se référer à la Hongrie comme à son pays, même s’il vécut longtemps en France, en Allemagne et en Italie, pays dont il maîtrisait les langues.

Tous deux profondément religieux et catholiques, ils n’ont pas manqué d’influencer leur fils en ce sens.

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