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L'engagement

Engagement religieux

Comme beaucoup de ses contemporains, Janka Wohl, femme de lettres et amie de Franz Liszt, demeure frappée par ce qu' on  appelle sa « foi du charbonnier ». Après la mort de Liszt, elle écrivit :

« La philosophie allemande n'avait pas non plus de secrets pour Liszt, et je n'ai jamais pu comprendre comment le même cerveau pouvait être en si bons rapports avec tous les grands athées, déguster leurs argumentations en connaisseur et en gourmet, et avoir en même temps une foi aussi vive, aussi naïve, aussi profonde, la foi de quelque jeune villageoise qui ne sait pas lire. »

Une trentaine d'années plus tôt, Liszt avait déjà donné sa réponse dans une lettre de 1855 adressée â  à la princesse Carolyne :

« S'il était constaté que toutes les preuves métaphysiques à l'appui de l'existence de Dieu sont réduites à néant par les arguments de la philosophie, il en resterait toujours une absolument invincible : l'affirmation de Dieu par nos gémissements, le besoin que nous avons de lui, l'aspiration de nos âmes vers son amour. Cela me suffit, et je n'en demande pas davantage pour rester croyant jusqu'au dernier souffle de ma vie. »

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Humaniste et humanitaire

Sa fille aînée Blandine nous confirme cela avec ce touchant portrait écrit en mai 1958 

« Mon père non seulement a  la beauté, le génie, l’ esprit,mais il a une bonté qui a elle seule est plus grande que tous ses autres dons réunis. Il a un cœur immense, il ne peut souffrir le mal autour de lui, et par son charme il pallie toutes les blessures, et par sa charité il enlève toute les misères - jamais une pensée mesquine égoïste n’ entre dans son cerveau, et il faut l’ avoir vu pour le comprendre. »

Blandine Ollivier mai 1858

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Engagement politique

Au fond, Liszt fut un politique au sens premier du terme : un homme de conciliation et de diplomatie. Diplomate, c’ était d'ailleurs un métier qu'il aurait volontiers exercé s'il n'était devenu musicien. 

En définitive, si Liszt paraît parfois versatile dans ses engagements, il n'est ni un révolutionnaire, ni un réactionnaire. Il incarne une troisième voie : celle de la culture, de la morale et de la foi, destinée à prévenir la violence des conflits, convaincu que la transformation du monde passe d'abord par l'élévation spirituelle et culturelle.

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Citoyen du monde

Liszt  à Carolyne Sayn-Wittgenstein

« Pour moi, comme pour Humboldt, le patriotisme n’est qu’une forme très relative et tronquée du sentiment. En tant qu’artiste, j’ai peu de goût pour les cocardes, qui prêtent très aisément au cocasse et n’ont que faire dans les régions que nous hantons. »  

Liszt l’utopiste a toujours rêvé d’un monde meilleur, plus juste, sans racisme et sans frontières. « L’étroitesse d’esprit et le racisme n’étaient pas de son monde. » a écrit Peter Raabe. C’ était plus qu’ un voyageur cosmopolite, c’ était un citoyen du monde. 

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