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  • La tombe de Liszt; une querelle sans fin

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  • Liszt et la langue française

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  • This is a Title 03

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  • Le pédagogue | Lola

    Liszt pédagogue Par Dre Diane Kolin, chanteuse, musicologue, pedagogue Biographie Cliquez ici Cette section distingue, dans ses grandes lignes, trois périodes de la vie de Liszt en tant qu’enseignant, ainsi que des récits et témoignages d’élèves. Première période : de Paris à Genève Liszt arriva à Paris en 1823 avec son père Adam Liszt. Après la mort de son père en 1827 (Liszt avait 16 ans), sa mère Anna le rejoignit à Paris. Liszt commença à y enseigner le piano pour payer leur loyer. Cette période l’a aidé à développer une technique d’enseignement, cherchant son propre style en tant qu’artiste. Il a vite été submergé de cours, acceptant trop d’élèves, oscillant entre déprime et état de santé précaire. Il est tombé amoureux d’une jeune élève appelée Caroline de Saint-Cricq. Leurs conditions sociales étaient trop éloignées : Liszt était un pauvre musicien et Caroline appartenait à la haute bourgeoisie. Le père de la jeune femme a mis Liszt à la porte quand il a appris la relation entre sa fille et Liszt. Il rencontra Marie d’Agoult en 1833. Ils déménagèrent ensemble à Genève. Liszt enseigna au conservatoire de Genève qui venait juste d’être fondé, jusqu’en 1836. A Genève, il prit une décision qui attisant la colère de ses collègues, celle de ne plus faire payer ses leçons. Il suivit ce principe jusqu’à la fin de sa vie. S’il a développé des exercices au clavier, il n’a jamais placé la technique au premier plan. La technique était importante, mais il la plaçait derrière les sentiments qu’on met dans une interprétation. Pour Liszt, les deux étaient liés : les sentiments doivent être transmis au public lorsqu’on joue, ce qui passe d’abord par une bonne technique. Lorsque la technique est acquise, il faut donner quelque chose de sa personne. Il a toujours voulu jouer sur les nuances et chercher des correspondances avec d’autres arts, comme la poésie, la peinture et la sculpture, transposant ses émotions dans ses œuvres telles que Les Préludes ou Mazeppa, qu’on écoute également en poésie, d’où leur appellation de poèmes symphoniques. Ce qu’on sait peu de Liszt, c’est qu’il était aussi auteur et musicologue. Il a écrit, entre autres, la première biographie de Chopin, un traité sur les bohémiens et leur musique, des articles dans des revues musicales, et des essais et livres à propos de la musique. Deuxième période : Weimar La seconde période d’enseignement de Liszt est emprunte de son inventivité. C’est encore une fois un aspect de Liszt dont on parle finalement assez peu : il a inventé beaucoup de premières choses en musique. A Londres en 1840, il avait inventé le récital, se mettant en avant en tant qu’interprète en tournant le piano pour que ses mains soient visibles par le public. La même année, il effectua sa première masterclass, enseignant en groupe pour que chaque élève puisse profiter de ses conseils. Entre 1847 et 1861, il révolutionna la manière de diriger les orchestres lorsqu’il est devenu Kapellmeister à Weimar. Il voulait porter un nouveau monde musical qui se reflétait dans sa pédagogie. Avec Wagner, Liszt représentait ce qu’on appelait la Nouvelle École Allemande, c’est-à-dire une transformation de ce que faisaient les compositeurs traditionnels en intégrant de nouveaux sons, des dissonances, qui pouvaient choquer les puristes, tout en respectant ses maîtres, les compositeurs du passé tel que Beethoven qui était partout dans la maison de Liszt. Son portrait a suivi Liszt toute sa vie. Il avait un profond respect pour ses collègues, même ceux qui n’appréciaient ou ne comprenaient pas ses compositions. D’ailleurs son groupe d’élèves de cette période d’enseignement, tels que Peter Cornelius, Hans von Bülow ou Joachim Raff, étaient des élèves qui défendaient également la Nouvelle école de musique allemande. Ses cours comprenaient en permanence une quinzaine d’élèves. Il voyageait parfois avec ses élèves, ce qui lui permettait un équilibre entre sa vie personnelle, sa vie professionnelle et son activité de compositeur. C’est une période où il a beaucoup composé, et dirigé beaucoup de concerts. Ses élèves le suivaient et apprenaient. Liszt donnait ses cours là où il se trouvait. Ses cours étaient gratuits. Lorsqu’il a enseigné au conservatoire de Genève, il a décrété qu’il n’y avait pas de raisons de faire payer de jeunes artistes sans le sou pour leur passion. Il a appliqué ce principe jusqu’à la fin de sa vie. Troisième période : la vie trifurquée, Budapest, Rome, et Weimar De 1861 à 1886, sa vie était partagée entre religion et musique. C’est une période passionnante, qu’on surnomme dans la littérature lisztienne sa « vie trifurquée » (une voie à trois branches) puisque son temps, ses activités et son enseignement étaient partagés en trois endroits : Budapest, Rome, et Weimar. Rome était le lieu de pratique de la religion. Chez Liszt, il existait un rapport étroit entre la musique et la religion. Il est rentré dans les ordres et est devenu abbé en 1865, après quoi on l’a appelé l’Abbé Liszt. Il a été logé dans les appartements de la Villa d’Este, où les impressionnantes fontaines du jardin lui ont servi de source d’inspiration pour Les Jeux d’Eaux à la Villa d’Este. Il enseignait également là-bas. Budapest représentait l’Académie Royale de Musique, qu’il a créée en 1875. Il en était le président. Il y enseignait et avait ses appartements dans les étages. A Weimar, il poursuivait ses masterclass. Ses élèves, qu’il appelait ses « enfants », venaient suivre des cours dans sa maison, nommée la maison du jardinier (la Hofgärtnerei), qu’on peut encore visiter aujourd’hui puisqu’il s’agit du Musée Liszt. La maison est petite mais on a presque l’impression que l’esprit de Liszt y est encore. On y ressent de l’émotion. Il recevait des élèves venant de partout dans le monde, d’origines très variées : il avait des élèves de la Russie, des Etats-Unis, du Canada et d’Europe. Lorsque ses élèves rentraient dans leurs pays d’origine, ils emportaient les partitions d’œuvres de Liszt, ce qui a vraiment permis une diffusion très large, mondiale, de ses œuvres. Il y a de nombreux témoignages sur la manière dont Liszt travaillait avec ses élèves. Il était très ouvert, recevait et testait l’élève et le gardait s’il montrait des qualités humaines. Il y avait d’abord une audition, et si au piano l’élève montrait qu’il comprenait qu’il fallait qu’il y mette de sa personne, Liszt l’acceptait comme élève. Mais parfois ce n’était pas le cas, et lorsque l’élève était doué techniquement mais pas humainement, il lui disait qu’il n’avait pas sa place dans ces lieux et de retourner au conservatoire. Les cours étaient très vivants, pleins d’énergie. La pièce était toujours pleine, non seulement des élèves, mais aussi des auditeurs qu’il acceptait, des amis, et puis il était constamment à faire des activités ensemble avec ses élèves, même en dehors des cours, la vie sociale bâtait son plein, par exemple lors des « saucisses party » de son ami Carl Gille, pendant lesquels les élèves jouaient, ou les après-midis musicaux des sœurs Stahr. Weimar c’était plus que l’endroit de ses masterclasses, il créait des liens avec ses élèves, jusqu’à devenir une famille. Il a continué à enseigner jusqu’à la fin de sa vie, malgré une santé déclinante et le manque d’argent. D’une part il ne faisait pas payer ses élèves, et d’autre part, il leur donnait parfois de l’argent. Lorsqu’il entendait parler de difficultés financières d’un ou d’une de ses élèves, il leur disait qu’il venait justement de recevoir une somme d’argent et leur glissait une enveloppe dans la poche. Il est allé jusqu’à faire livrer un piano qu’on lui avait offert chez une de ses élèves qui n’en avait pas. La santé était un sujet très sensible chez Liszt. Il se voyait décliner, et ses élèves se faisaient du souci, mais il détestait parler de sa santé. Dans ses lettres, il se disait déprimé par ses problèmes de santé, il avait des problèmes de mobilité, de dents, de vue… Il devait d’ailleurs se faire opérer d’une cataracte en août 1886, mais il est décédé avant la date prévue. Ses élèves lui apportaient non seulement de la joie, mais aussi de l’aide lorsqu’il en avait besoin, que ce soit comme assistant lors de ses voyages ou comme secrétaire. Son dernier voyage l’a amené sur les routes de Paris, le Luxembourg, et Bayreuth. Il ne voulait pas aller à Bayreuth, d’après ses confidences à des amis et élèves avant le voyage. Il était fatigué car il venait tout juste de rentrer d’un voyage très éprouvant en Angleterre en avril, puis après l’Angleterre il a continué sa tournée pour assister à des concerts et pour voir des amis ou de la famille, à Anvers, à Bruxelles, à Rome, brièvement à Paris, avant de rentrer à Weimar en mai 1886, épuisé. Sa fille Cosima lui a rendu visite à Weimar. Il n’y avait pas d’amour de la fille pour le père. Elle a trouvé des arguments commerciaux pour le faire venir à Bayreuth, ayant besoin de faire de la publicité pour le festival de Bayreuth créé par Richard Wagner, qui était à la fois son ami et beau-fils, époux de Cosima. Après le décès de Wagner, le festival battant un peu de l’aile, Cosima a planifié le mariage de sa fille Daniella, la petite-fille préférée de Liszt, juste avant le festival, pour le forcer à venir se montrer. Il ne pouvait donc pas refuser de venir. Il a donné ses derniers cours à la fin du mois de juin 1886, puis il s’est fait accompagner à la gare par ses élèves. Liszt est parti pour faire sa dernière tournée, accompagné d’un de ses meilleurs élèves, Bernhard Stavenhagen. Ils sont partis ensemble à Paris, puis au Luxembourg, et finalement à Bayreuth. Lorsque Wagner était encore en vie, lors de ses passages à Bayreuth, Liszt logeait à Wahnfried, le domicile des Wagner. Après le décès de Wagner, Cosima a décrété qu’il serait bien mieux seul dans un appartement non loin de Wahnfried, dans le cas où il souhaiterait recevoir ses amis ou ses élèves. En réalité, elle ne voulait pas d’une charge à gérer chez elle. L’ appartement en question était situé juste derrière Wahnfried, et est aujourd’hui un musée Liszt. Pendant le trajet, il a attrapé froid, puis son état s’est dégradé, et il est mort dans cet appartement, dans d’affreuses conditions, le 31 juillet 1886. Sa fille avait interdit tout accès à la maison à ses élèves, qui attendaient de ses nouvelles à l’extérieur. Liszt et ses élèves Liszt a eu plus de 400 élèves, tout au long de sa carrière. La dernière période, de 1873 à 1886, est la plus documentée, car certains élèves ont écrit des journaux et des témoignages, tels que, entre autres, Amy Fay, Carl Lachmund, Walter Damrosch, Arthur Friedheim, Alexander Siloti, August Göllerich, et Lina Schmalhausen. Description d’une masterclass à Weimar Les cours avaient lieu les lundis, mercredis et vendredis, de 15h30 à 18h. Les groupes d’étudiants étaient de taille variée, allant du petit groupe de quatre personnes à une salle pleine de 40 élèves. La maison dans laquelle les masterclass avaient lieu, la maison du jardinier, la Hofgärtnerei, était assez petite et très simple. Le rez-de-chaussée était privatif, et à l’étage se trouvait un appartement circulaire. Les pièces communicantes incluaient la chambre de Liszt, avec un lit, un lavabo et une chaise, la salle à manger, et enfin la salle de musique, avec deux pianos, un Bechstein et un Ibach. Le Bechstein a été offert par le facteur de piano Carl Bechstein, qui était un des amis de Liszt. Le piano date de 1862, et a été restauré en 2020. Le célèbre piano droit Ibach, sur lequel Liszt a posé pour de nombreuses photos avec ses élèves, n'a été livré à la Hofgärtnerei qu'en avril 1885. Dans les premières années à Weimar, le piano droit était fourni par Höhne, un fabricant local de la ville. Les élèves se rassemblaient en bas de l’immeuble, dans la cour, sous l’œil de Pauline Apel, la majordome de la maison. Sa maison se trouvait dans la cour, en face de la maison de Liszt. (Après le décès de Liszt, la Hofgärtnerei est devenu le Musée Liszt, et Pauline Appel la première gardienne du musée. Elle y est restée jusqu’à son décès en 1926, à l’âge de 88 ans.) Les élèves attendaient que Liszt apparaisse à la fenêtre et leur fasse signe de monter. Il disait bonjour à chaque élève, avec un petit mot pour chacun. Il y avait aussi des auditeurs libres que Liszt autorisait à écouter depuis le salon. Une fois à l’intérieur, les élèves posaient leurs partitions sur une petite table à droite du piano. Liszt choisissait une partition, mais jamais deux fois le même morceau. Il disait « Qui a amené ce morceau ? » L’élève s’asseyait alors au piano. Pendant que l’élève jouait, Liszt marchait entre la salle de musique et le salon. Tout en écoutant, il glissait quelques mots à l’oreille de l’un ou l’autre au passage, revenait près du piano, arrêtait l’élève, le faisait reprendre à un certain endroit, donnait ses commentaires. Il s’asseyait parfois pour jouer. Pour Liszt, l’important était ce que l’interprète avait à faire passer comme émotion dans son jeu. Une masterclass durait environ 2 heures 30, après quoi il invitait parfois certains élèves favoris à rester plus longtemps, soit pour jouer, soit pour discuter, soit pour partager un repas. Ces élèves chanceux avaient droit aux confidences de leur professeur. Le rôle d’élève au-delà de celui d’étudiant Liszt a toujours eu un secrétaire ou une aide ou un majordome pour ses tâches quotidiennes. Il avait une routine assez bien faite dans la journée : il se levait très tôt, répondait au courrier, faisait une promenade, retournait se coucher, faisait des siestes dans la journée, pour pouvoir remplir ses autres activités d’enseignement et de composition. En prenant de l’âge, il a eu besoin d’aide pour s’habiller, s’organiser. Même avec l’aide d’un valet de chambre, il lui fallait la présence de ses élèves, soit comme compagnon de voyage, soit pour le distraire lorsqu’il était malade. Il confiait ces tâches à ses élèves favoris, notamment dans les dernières années, entre 1883 et 1886. Il détestait parler de ses problèmes de santé, et détestait encore plus qu’on le voit malade. Liszt avait décidé que, parce qu’il était abbé, il ne devrait voyager qu’en 3e classe dans les trains, avec des conditions de voyages qui n’étaient pas vraiment optimales pour un homme de son âge, avec ses problèmes de mobilité, de dents, de vue, de dépression. C’était inconfortable, il y avait des courants d’air. Il avait les jambes qui enflaient, jusqu’au jour où il s’est retrouvé dans l’incapacité de marcher, demandant à ses élèves de le porter du train à la calèche. A la fin de sa vie, il ne se déplaçait jamais sans être accompagné d’un ou plusieurs élèves. Être Lisztien n’était donc pas uniquement être un élève de Liszt venant prendre des cours de piano, cela signifiait aussi faire partie d’une famille créée par Liszt, ayant en quelque sorte remplacé sa propre famille – sa fille Cosima Wagner et presque tous ses petits-enfants (sauf Daniella) l’avaient abandonné. En juillet 1886, Liszt s’est rendu à Bayreuth à la demande de Cosima pour soutenir le festival créé par Wagner. Il est tombé malade lors de son voyage. Ses élèves sont venus lui tenir compagnie quand il était encore en état de tenir une conversation. Lorsqu’il a dû garder le lit, Cosima a fermé les portes de l’appartement, en interdisant l’accès à ses élèves. Mis à part son aide Miska, l’un des rares élèves ayant le droit d’entrée à l’appartement était Bernhard Stavenhagen, qui n’a pas réalisé à quel point l’état de mauvaise santé de son professeur était sérieux. Liszt est mort seul, abandonné de sa famille, ses élèves attendant de ses nouvelles è l’extérieur de la maison. Quelques élèves de Liszt Arthur Friedheim Arthur Friedheim est né en octobre 1859 et est décédé en octobre 1932, à 73 ans. Ce pianiste et compositeur de concert d'origine russe a été l'un des principaux élèves de Liszt. Il a d’abord étudié avec Anton Rubinstein, qui lui a suggéré d’aller étudier avec Liszt, ce qui est étonnant car Liszt et Anton Rubinstein étaient rivaux. Lorsqu’il est arrivé chez lui, Liszt n'aimait pas le jeu de Friedheim, bien qu'il reconnût l'individualité de son style. Liszt l’a finalement accepté comme élève en 1880. Plus qu’une relation élève-professeur, Friedheim est devenu son secrétaire, puis ils sont devenus amis. Il a écrit un journal en anglais sur son expérience avec Liszt de 1880 à 1886, intitulé Life and Liszt, The Recollections of a Concert Pianist (Taplinger Publishing Co., Inc., New York, 1961). Amy Fay Contrairement à Friedheim qui est resté six ans auprès de Liszt, Amy Fay a étudié avec Liszt uniquement pendant 5 mois, de mai à septembre 1873. Cette rencontre a changé sa carrière. Ils sont devenus amis par la suite et se sont souvent écrit. Amelia Muller Fay est née en mai 1844 et est décédée en novembre 1928, à 84 ans. C’était une pianiste de concert américaine, directrice de la New York Women's Philharmonic Society et chroniqueuse, connue surtout pour ses mémoires sur la scène musicale classique européenne. Élève de Theodor Kullak, Fay voyage en Europe pour étudier avec Franz Liszt. Ses lettres d'Allemagne, comprenant des descriptions de sa formation et des concerts auxquels elle a assisté, ont été publiées en 1880 sous le titre Music Study in Germany (McClurg & Company, Chicago). Extrait : Je passe un moment paradisiaque à Weimar, j'étudie avec Liszt, et parfois j'ai peine à me rendre compte que je suis au sommet de mon ambition, être son élève ! Il est tellement envahi par les gens que je pense que c'est étonnant qu'il soit courtois envers qui que ce soit, mais c'est l'homme le plus aimable que j'aie jamais connu, même s'il peut aussi être terrible, quand il le souhaite, et il sait comment mettre les gens à la porte dans le plus court laps de temps possible. Je vais chez lui trois fois par semaine. À la maison, Liszt ne porte pas son long manteau d'abbé, mais un manteau court, dans lequel il a l'air beaucoup plus artistique. Sa taille est remarquablement légère, mais sa tête est des plus imposantes. — Son appartement est si délicieux ! Tout a été meublé et mis en ordre pour lui par la Grande-Duchesse elle-même. Liszt se promène généralement, fume, marmonne (on ne peut jamais dire qu'il parle) et appelle l'un ou l'autre d'entre nous à jouer. De temps en temps, il s'assoit et joue lui-même là où un passage ne lui convient pas, et quand il est de bonne humeur, il fait tout le temps de petites plaisanteries. Son jeu a été pour moi une révélation complète et m'a donné une toute nouvelle vision de la musique. On ne peut concevoir, sans l'entendre, combien il est poétique, ni les mille nuances qu'il peut mettre dans les choses les plus simples, et il est également grand de tous côtés. Du zéphyr à la tempête, toute la gamme est également à sa disposition. (…) Vous ne pouvez jamais lui demander de jouer quelque chose pour vous, même si vous mourez d'envie de l'entendre. S'il est d'humeur, il jouera, sinon il faudra se contenter de quelques remarques. (Traduction depuis l’anglais : Diane Kolin) Emil von Sauer Emil Georg Conrad von Sauer est né en octobre 1862 et est décédé en avril 1942, à 79 ans. Compositeur, pianiste, éditeur de partitions et professeur de piano allemand, il a été l'élève de Liszt, et est devenu un des concertistes les plus distingués de sa génération. Point à la fois amusant et troublant, un autre élève de Liszt, Martin Krause, a dit de von Sauer : « C’est l'héritier légitime de Liszt ; il a plus de son charme et de sa génialité que n'importe quel autre élève de Liszt ». Tout le monde n’était pas complètement d’accord avec cet avis, à commencer par Emil von Sauer, lui-même. Il a d’abord étudié au Conservatoire de Moscou entre 1879 et 1881. Lors d'une visite en Italie en 1884, il rencontre la comtesse von Sayn-Wittgenstein, la compagne de Liszt, qui l’a chaudement recommandé. Sauer a ensuite étudié avec Liszt pendant deux ans. Cependant, pendant un certain temps, il ne se considérait pas comme un élève de Liszt. Dans une interview de 1895, il a même dit : « Il n'est pas correct de me considérer comme un élève de Liszt, même si je suis resté avec lui quelques mois. Il était alors très vieux et ne pouvait pas m'apprendre grand-chose. Mon professeur principal a été, sans aucun doute, Nicholas Rubinstein. » Mais dans ses dernières années, Emil von Sauer a changé d’opinion. Il a réalisé l'influence de Liszt sur lui-même et sur la musique en général. Emil von Sauer a été un interprète régulier des œuvres de Franz Liszt pendant sa carrière. Auguste Göllerich August Göllerich est né en juillet 1859 et décédé en mars 1923, à 63 ans. Pianiste, chef d'orchestre, professeur de musique et écrivain autrichien, il a d’abord étudié les mathématiques à l'Université de Vienne, comme le souhaitait son père. En 1882, il assiste au Festival de Bayreuth. Après la mort de son père en 1883, il se consacre entièrement à la musique, étudiant le piano à Vienne avec Toni Raab et la composition avec Anton Bruckner. Raab le présenta à Liszt en 1884, qui l'a accepté comme son élève. Il a reconnu le talent littéraire et pianistique de Göllerich, et il en a fait son secrétaire et compagnon de voyage lors de tournées de concerts en Allemagne, en Italie et en Russie. Il est resté que deux ans à ses côtés – deux années extrêmement importantes pour sa carrière. Après la mort de Liszt en 1886, il a travaillé comme critique musical à Vienne. Dans son livre « Les masterclasses pour piano de Franz Liszt 1884-1886 » (titre original allemand : Franz Liszts Klavierunterricht von 1884 bis 1886: Aus den Tagebüchern von August Göllerich (Studien zur Musikgeschichte des 19. Jahrhunderts) , Gustav Bosse Verlag KG, Kassel, 1975), il note scrupuleusement les dates des cours, les lieux des cours (Rome, Weimar ou Budapest) et pour chaque cours les interprètes et les répertoires (le fait qu’il ait été mathématicien de formation l’a poussé à être très rigoureux dans ses notes). Il marque les commentaires de Liszt qui sont parfois piquants. Extraits : (Göllerich indique toujours le compositeur, le titre de l’œuvre, et l’interprète) Vendredi 19 juin 1885, 16h – Weimar Liszt : Le triomphe funèbre du Tasse – Göllerich « Qui joue cet horrible morceau funéraire ? C'est absolument à condamner, car 'L'art est joyeux.' À la mesure 20, jouez immédiatement un crescendo très fort, plein et grandiose jusqu'au premier thème de la mesure 21, qui doit être joué strictement dans les temps mais pas trop lentement, avec de longs trémolos pleins, dans les basses. » À la phrase en la majeur de la mesure 41, il a dit : « Cela pourrait être pire. » Il a demandé que ce thème soit très soutenu et chanté, comme l'indique la partition. « Au thème du Tasse, commençant à la mesure 92, ne jouez pas les triolets de manière trop importante. » Il remarqua que c'était la seule section qu'il avait tirée du poème symphonique Le Tasse. « Tout culmine très rapidement, enflammé et puissant. A la fin, faites ressortir les cloches des mesures 228-231. » Le maître a ensuite joué lui-même plusieurs passages, notamment les passages à l'octave de la main gauche qui interrompent à trois reprises le développement du deuxième thème et qu'on est tenté de jouer agité. Il a fait remarquer qu'ici il souhaitait que cela ne soit ni agité ni ralenti. Il a ajouté : "Le compositeur de cette pièce (donc Liszt lui-même) est quelqu'un qui s'est évadé d'un asile avant d'avoir terminé ses études au conservatoire !" Le maître dirigeait avec enthousiasme la plupart des passages. (Traduction de l’anglais : Diane Kolin) Bach-Liszt : Fugue de six préludes et fugues pour orgue – Miss Fokke Le maître a joué la plupart des passages. À la page 5 (quasi presto), il dit : "Là, toute la famille 'Bach' [24 enfants] grimpe dans les arbres." Il mit alors particulièrement l’emphase sur les mesures 3 à 6 et 9. Il joua magnifiquement le passage du bas de la page 8, qui commence par le sol dièse de la main droite. Puis il joua le thème de la fugue très doucement et indistinctement, en remarquant : « Ce n'était pas aussi facile de continuer qu'on le pense. » Il appelait les passages des pages 16 et 17 « le goûter du milieu de la matinée » et, sans regarder le clavier ni la musique, les jouait à merveille. A la fin, il dit : « À la fin de la pièce, j'écrirai une nécrologie pour le pauvre compositeur qui a été expulsé de deux conservatoires et qui est finalement mort dans un asile près de Bayreuth ! » (Traduction de l’anglais : Diane Kolin) Dans ce dernier extrait, Liszt parle de lui-même. Il a effectivement été expulsé de deux conservatoires, celui de Paris lorsqu’il était enfant, qui n’acceptait pas les élèves non français, et celui de Genève lorsqu’il a décidé d’y enseigner gratuitement. La réflexion sur Bayreuth est troublante car elle n’est pas loin de la réalité. Frederic Lamond Dans les années 1920 et 1930, Lamond a enregistré de nombreuses œuvres de Liszt et de Beethoven, y compris un enregistrement acoustique complet du Concerto « Empereur », ce qui était très rare à l’époque. Frederic Archibald Lamond est né en 1868 et décédé en février 1948, à 80 ans. Pianiste et compositeur classique écossais, il a été l'avant-dernier élève survivant de Liszt, quelques mois avant son collègue portugais José Vianna da Motta. En 1882, Lamond entre au Raff-Konservatorium, à Francfort. Il a étudié le violon, la composition et le piano. Ses professeurs de piano ont été Hans von Bülow, qui a été l’élève puis le beau-fils de Liszt, Clara Schumann, qui a été une amie de Liszt avant de mettre cette amitié de côté, et finalement Liszt. Lamond étudia avec Liszt à Weimar et Rome en 1885, et à Londres en 1886. En avril 1945, trois ans avant son décès, Lamond a réalisé une série d’enregistrements dans les studios de la BBC à Glasgow, parlant de son temps avec Franz Liszt. Cet entretien a ensuite été transformé en chapitre de livre, le chapitre 5 de ses mémoires, qui n’ont été publiées qu’après sa mort (The Memoirs of Frederic Lamond, William MacLellan, Glasgow, 1949). Le chapitre 5 décrit l'époque de Lamond en tant qu'élève de Franz Liszt en 1885-1886. Bernhard Stavenhagen Bernhard Stavenhagen est né en novembre 1862, et est décédé en décembre 1914 à 52 ans. Pianiste, compositeur et chef d'orchestre allemand, son style musical a été complètement influencé par Liszt, en tant que pianiste mais aussi en tant que chef d'orchestre. C’était un ardent défenseur de la nouvelle musique allemande. Il a étudié le piano à Berlin avec Theodor Kullak en 1874, puis est entré à l'université de musique de Berlin en 1878, ajoutant à son curriculum la composition. En 1885, Stavenhagen devint l'élève de Liszt à Weimar. Il gagna vite sa confiance et voyagea avec lui à Rome, Budapest, Paris, Londres et Bayreuth. Après la mort de Liszt en 1886, Stavenhagen entreprit une série de dix années de tournées de concerts de piano en Europe et en Amérique du Nord, comme l’avait fait Liszt à son âge. Stavenhagen a enregistré des œuvres de Liszt grâce à une des premières techniques d’enregistrement sur rouleau de piano, qui enregistre le mouvement des touches en perçant un rouleau, qui pouvait ensuite être rejoué. Les rouleaux réalisés par deux élèves de Liszt, Stavenhagen et Alfred Reisenauer, portent l'inscription « tel que joué par le compositeur » ou « d'après des souvenirs personnels » – en d’autres termes, le plus proche possible de ce qu’ils ont appris avec Liszt, même si ce type d’enregistrement reste très statique. Alexander Siloti Alexander Ilitch Siloti, né en octobre 1863, décédé en décembre 1945, à 82 ans. Pianiste, chef d'orchestre et compositeur virtuose russe, il étudia le piano au Conservatoire de Moscou à partir de 1871, puis à partir de 1875 avec Nikolai Rubinstein, frère du célèbre Anton Rubinstein. Après l'obtention de son diplôme, Siloti partit pour Weimar grâce à une bourse pour poursuivre ses études avec Liszt, avec qui il étudia jusqu’à sa mort en 1886. Il a co-fondé le Liszt-Verein à Leipzig. Après la mort de Liszt, il retourna en Russie en 1887, devenant professeur de piano au Conservatoire de Moscou. Note de l’auteure : ces éléments biographiques ont été présentés au cours de deux épisodes de l’émissions de radio « Dans les pas de Liszt » présenté sur Fréquence Protestante par Catherine Gras et Paul-Hubert des Mesnards, diffusés les 7 décembre 2024 et 9 janvier 2025. Lien vers les deux émissions sur Liszt pédagogue Émission 1 Pour écouter Cliquez ici Émission 2 Pour écouter Cliquez ici Diane Kolin Pour en savoir plus Liszt and his pupils Alan Walker Cliquez ici Boissier, Mme Auguste , Liszt pédagogue , Paris, Honoré Champion, 1928. Leçon de Liszt à ses élèves : Le Liszt Paedagogium de Lina Ramann présenté et annoté par Nicolas Dufetel, Edition Symétrie 2025 YouTube Franz Liszt ´s pupils and friends play Liszt . Lire le commentaire « Plus » Cliquez ici Franz Liszt avec ses élèves à la Hofgätnerei à Weimar Photo Wikipedia Frederic Lamond 1868-1948 Emil von Sauer 1862-1942 Amy Fay 1844 - 1928 Alexander Siloti 1863-1945 Bernhard Stavenhagen 1862-1914 Auguste Göllerich 1859-1923 Arthur Freidheim 1859-1932 Cosima et Richard Wagner, au centre Daniela von Bülow Villa Wahnfried, Bayreuth 1881 Frederic Chopin 1810-1849 Peter Cornelius 1824-1874 Hans von Bülow 1830-1894 Joachim Raff 1822-1882 Villa d'Este, Tivoli Académie Royale de Musique, Budapest Salon de la Hofgärtnerei, Weimar Retour à la carrière de Liszt Cliquez ici

  • Copie de Copie de Philippe André | Lola

    Philippe André Philippe André psychiatre, psychanalyste, écrivain, musicien passionné d'art et de poésie connu et apprécié de beaucoup d’entre nous pour ses publications et conférences. Voir sa contribution dans la rubrique "aimez-vous Liszt" Cliquez ici A travers son érudition musicale, littéraire et picturale, il nous montre un Liszt qui toute sa vie n’a cessé d’être un visionnaire dans ses compositions, enrichissant par là-même notre propre vision de ses œuvres. "Liszt visionnaire, du berceau jusqu'à la tombe", par Philippe André - Extrait d'une conférence donnée à l'occasion des Lisztomanias de Châteauroux en octobre 2016 Madame Auguste Boissier , à propos de Liszt et de son jeu, écrit ceci en 1832 (Liszt n’a alors que 21 ans) : " Pour peindre ainsi, il faut avoir beaucoup vu et beaucoup senti, aussi Liszt recherche-t-il avidement toutes les émotions. Il se collette pour ainsi dire, avec la nature souffrante, il épie le langage de toutes les douleurs. Il visite les hôpitaux, les maisons de jeux, les établissements de fous. – Il descend dans les cachots, il a vu même des condamnés à mort ! Peindre, voir, visiter, épier... Ces mots pointent toute l’importance de la vision, au sens physiologique du terme, dans le mode d’être du jeune Liszt mais aussi – comment notre psyché pourrait-elle séparer existence et musique ? - dans son jeu de pianiste. Et il ne pourra en être autrement quant à sa façon de composer …" Pour lire la suite de l'article Cliquez ici

  • Citoyen du monde | Lola

    Liszt, le voyageur cosmopolite citoyen du monde Le voyage une source d'inspiration Franz Liszt ne cessa de parcourir l’Europe dès son enfance. Il eut de nombreux points d’ancrage, sans jamais se soucier d’être propriétaire, sauf lorsqu’il envisagea d’acquérir sa maison natale de Raiding, à la frontière austro-hongroise ; mais, velléitaire, il ne donna pas suite. Il n’eut donc que des ports d’attache temporaires : Paris, Weimar, Rome, Budapest. Il se vivait comme le « Zigeuner » de la Hongrie. En vieillissant, il séjourna de plus en plus souvent en Hongrie, se « magyarisant » davantage. Pour citer Serge Gut Liszt : « Il restera le tzigane, c’est-à-dire l’homme de partout et de nulle part, le sans-patrie éternellement errant. » Voyageur polyglotte, Liszt avait le français pour première langue, celle dans laquelle il aimait écrire. Il parlait couramment l’allemand, sa langue maternelle, et possédait un bon niveau d’italien. Il lisait et s’exprimait également en anglais. Il avait acquis quelques bonnes notions de russe auprès de la princesse Carolyne et connaissait, bien sûr, quelques mots de hongrois, langue de son pays natal. Il fut une éponge des différentes cultures, n’en méprisa aucune ; au contraire, il n’eut de cesse de les approfondir et de les assimiler pour devenir un personnage transnational, un Européen avant l’heure. Cette approche culturelle, intrinsèque au personnage, a nourri toute sa musique. Voici ce qu’il écrivit en 1842 dans la préface de l’Album d’un voyageur : « Ayant parcouru en ces derniers temps bien des pays nouveaux, bien des sites divers, bien des lieux consacrés par l’histoire et la poésie ; ayant senti que les aspects variés de la nature et les scènes qui s’y rattachent ne passaient pas devant les yeux comme de vagues images, mais qu’elles remuaient dans mon âme des émotions ; qu’il s’établissait entre elles et moi une relation vague mais immédiate, un rapport indéfini mais réel, une communication inexplicable mais certaine, j’ai essayé de rendre en musique quelques-unes de mes sensations les plus fortes, de mes plus vives perceptions. » Le plus grand musicien voyageur du XIXᵉ siècle, Liszt recueille des informations dans tous les domaines, devient un musicographe et agit presque comme un ethnologue. Il organise soigneusement ses déplacements et se fait même fabriquer un petit piano de voyage qu’il peut emporter avec lui. Lui-même suscite les voyages des autres, puisqu’on viendra du monde entier pour l’écouter et profiter de ses leçons. Enfin, n’oublions pas qu’il voyage dans le présent, mais aussi dans le passé, tant il s’intéresse aux cultures anciennes, en art comme en littérature. En musique, son intérêt va des chants grégoriens et de la Renaissance jusqu’aux œuvres des grands compositeurs récemment disparus, comme Beethoven et Schubert. Liszt, l’infatigable nomade Liszt quitte son petit village natal, Raiding, en Hongrie — à l’époque sous hégémonie de l’Empire austro-hongrois — pour parfaire ses talents de pianiste. Il s’installe d’abord à Vienne en 1822, à l’âge de onze ans, où il suit les cours de Czerny et de Salieri. L’année suivante, son père l’arrache aux leçons de Czerny, au grand regret de ce dernier, pour se rendre à Paris en passant par l’Allemagne, avec de nombreux concerts à chaque étape. En 1824, il donne un concert triomphal à Paris, puis part en tournée en province, en Angleterre et en Suisse. En 1833 a lieu sa rencontre avec Marie d’Agoult, puis la fuite en Suisse en 1835, où le couple se réfugie d’abord à Bâle puis à Genève. Ce séjour est la source d’inspiration de son cycle Album d’un voyageur, qui deviendra, remanié, les Années de pèlerinage I. Les paysages ont véritablement inspiré le compositeur. Après un retour à Paris, en 1837, ils repartent pour une autre destination à la mode : l’Italie. Ses séjours au lac de Côme, à Florence, Rome, Naples et Venise lui inspirent les Années de pèlerinage II et III. Cette fois, ce sont surtout les beaux-arts qui nourrissent son inspiration. Puis, en 1838, depuis Venise, en passant par Vienne, il vient en aide aux sinistrés des inondations du Danube à Budapest en donnant des concerts. La série des grands concerts internationaux et triomphaux démarre alors. Il les enchaîne pendant la célèbre Glanzperiode, de 1839 à 1847. La Glanzperiode peut se résumer à 100 000 kilomètres, 1 000 concerts en près de dix ans à travers l’Europe, de l’Irlande à la Russie, dans toutes sortes de lieux, des cours royales aux salles de village. Il triomphe partout : Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique, France, Allemagne, Autriche, Portugal, Espagne, Hongrie, Roumanie, Russie. Il se produit même à Constantinople, aujourd’hui Istanbul, après sa rencontre, en 1847, avec Carolyne Sayn-Wittgenstein, princesse russo-polonaise qui le reçoit dans son domaine de Woronince, en Ukraine. Avec le voyage dans l’Empire ottoman, destination dont il rêvait depuis longtemps, il finalise sa carrière d’estrade. C’est encore une destination à la mode et, à l’instigation de Lamartine, son ami auquel il ne cesse de se référer, il se met sur les pas de son Voyage en Orient. « Je suis fatigué de l’Occident ; je voudrais respirer des parfums, me réchauffer au soleil, échanger la fumée du charbon de terre contre la douce fumée du narguilé. Bref, j’ai soif d’Orient ! » Cet Orient le fascine et il espère y revenir. Enfin, sa rencontre avec Carolyne Sayn-Wittgenstein change définitivement le cours de sa vie. Il souhaitait depuis longtemps arrêter son métier de concertiste, désirant « s’affranchir complètement de la servitude du public » pour se consacrer à la composition. Il va se sédentariser et s’installer à Weimar en 1847 comme Kapellmeister, où Carolyne le rejoint. En 1861, déçu par son expérience weimarienne, il rejoint Carolyne qui, maltraitée dans cette petite cour archiducale, avait déjà quitté Weimar pour Rome. En 1869, il commence sa vie trifurquée entre l’Italie, la Hongrie et l’Allemagne, sans compter ses nombreux déplacements dans les pays limitrophes comme la France, la Belgique, l’Angleterre ou le Luxembourg. De plus, lorsqu’il était sur place, il ne cessait de bouger. Ainsi, à partir de Weimar, qui fut l’un de ses principaux points d’attache, il parcourut toutes les villes de Thuringe dès qu’il y avait de la musique à faire ou à entendre. Rappelons qu’il était Kapellmeister du grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach ; à ce titre, il était « corvéable » sur tout le territoire, ce qui ne lui déplaisait pas. Ainsi se multiplièrent ses « excursions musicales » à Erfurt, aujourd’hui capitale de la Thuringe, Meiningen, Iéna, Gotha, Altenburg, Eisenach, Sondershausen. Et puis, au-delà de la Thuringe : Munich, Vienne, Berlin, Dresde, Leipzig, Mannheim, Karlsruhe, Marbourg, bref aux quatre coins de l’Allemagne et de l’Autriche. Quand on observe les périples accomplis au jour le jour, tels que Serge Gut les répertorie dans son livre Liszt, c’est hallucinant : comment trouvait-il le temps de composer ? Et la princesse Carolyne qui le traitait de fainéant ! N’oublions pas que la première voie ferrée reliant ces principales villes ne fut réalisée qu’en 1846. Liszt était aussi un grand marcheur mais l’invention du train fut pour lui un immense soulagement et un inestimable confort, même s’il voyageait en classe économique. Liszt, le citoyen du monde Liszt écrivait à Carolyne Sayn-Wittgenstein : « Pour moi, comme pour Humboldt, le patriotisme n’est qu’une forme très relative et tronquée du sentiment. En tant qu’artiste, j’ai peu de goût pour les cocardes, qui prêtent très aisément au cocasse et n’ont que faire dans les régions que nous hantons. » Dans cette citation, tout est dit. Tous ses voyages l’ont conduit à la transnationalité et, contrairement à Wagner, il ne fut jamais un nationaliste fondamentaliste, même s’il affirma, en vieillissant, son identité hongroise et son attachement à la Hongrie. "Tu es un enfant de l'Europe, tandis que moi, je suis un pur produit de la Germanie ", écrivit Wagner à Liszt en 1849. La fréquentation de tous les « grands » du XIXᵉ siècle, laïques et religieux, de toute l’intelligentsia de son époque, des artistes et des scientifiques, mais aussi des plus pauvres et des plus démunis, lui permit d’avoir une vision panoramique de la société et une réflexion profonde sur son temps. Il a nourri ainsi sa personnalité aux multiples facettes et enrichit son ouverture au monde. Liszt l’utopiste a toujours rêvé d’un monde meilleur, plus juste, sans racisme et sans frontières. « L’étroitesse d’esprit et le racisme n’étaient pas de son monde. » A écrit Peter Raabe. C’ était plus qu’ un voyageur cosmopolite, c’ était un citoyen du monde. Pour en savoir plus, Franz Liszt ou l'engagement d'un artiste européen avec Damien Ehrhardt, musicologue et maître de conférence Cliquez ici Sources, voir menu C onnaître Franz Liszt/bibliographie Et plus particulièrement : Malou Haine et Nicolas Dufetel, Franz Liszt, un saltimbanque en province, Editions Symétrie 2007 Serge Gut, Liszt , Editions de Fallois 1989 Actes du colloque International Franz Liszt, La Revue musicale , Paris, 1986 -Nationalisme et supra nationalisme chez Franz Liszt, Serge Gut Alexander von Humboldt 1796 - 1859 par Joseph Karl Stieler 1843 Alphonse de Lamartine en 1844, par Théodore Chassériau . Chemins de Fer Allemands 1835 Retour à l'engagement de Liszt Cliquez ici

  • contributeurs | Lola

    Nos contributeurs rédacteurs Paul-Hubert des Mesnards Alain Bernon Philippe André Stany Khol et tous les artistes qui ont apporté leur témoignage dans la partie "aimez-vous Liszt " ? Suite à nos sollicitations diverses des personnalités passionnées de Liszt ont apporté leur contribution en réalisant des articles que nous avons publiés et qui ont engendrés des réactions de nos internautes. Comme indiqué ci-dessus, nous souhaitons vivement développer ces types d'échanges pouvant être intégrés dans une rubrique ouverte à tous. Nous remercions, entre autres, Philippe André psychiatre, psychanalyste, écrivain, Alain Bernon, Diane Colin , chercheuse à l'Université de Toronto, et particulièrement Paul-Hubert des Mesnards, écrivain, pianiste, créateur de festivals, éditeur qui a activement contribué à l'élaboration de notre rubrique sur la biographie de Franz Liszt.

  • Les chefs d'orchestre | Lola

    Les chefs d’ orchestre D es chefs d'orchestre prestigieux qui ont défendu et servi la musique de Liszt de son vivant jusqu'à aujourd'hui ..dès son époque Il faut toutefois distinguer les chefs qui ont réellement dirigé Liszt avant sa mort, de ceux qui l’ont surtout défendu après. À son époque, la profession de chef d’orchestre au sens moderne était encore en pleine évolution. Liszt qui fut lui-même le premier grand chef de ses œuvres orchestrales, contribua à cette modernisation à Weimar. Voir Liszt chef d'orchestre Cliquez ici Franz Liszt (1811-1886) – Il faut commencer par Liszt lui-même. À Weimar, il dirigea les créations de plusieurs de ses poèmes symphoniques et de la Faust-Symphonie , faisant de l’orchestre le laboratoire de ses conceptions nouvelles. Il ne fut donc pas seulement le compositeur de cette musique : il en fut son premier interprète . Hans von Bülow ( 1830-1894) – Élève de Liszt et longtemps l’un de ses plus proches défenseurs, Bülow dirigea notamment la Faust-Symphonie à Weimar en 1861, de mémoire, dans une exécution remarquée pour sa précision et son énergie. Sa relation avec Liszt fut ensuite plus complexe, mais il joua un rôle capital dans la diffusion de sa musique, également comme pianiste. Eduard Lassen (1830-1904) – Liszt le recommanda pour lui succéder à la direction musicale de la cour de Weimar en 1858. Lassen se trouva ainsi au cœur même du lieu où étaient nés les poèmes symphoniques et contribua à maintenir vivant le répertoire de la « Nouvelle École allemande » après le retrait de Liszt. Camille Saint-Saëns (1835-1921) - il a été l'un des tous premiers musiciens à introduire et diriger en France les poëmes synphoniques. Dans les années 1870 et 1878 il n'ésita pas à engager ses propres deniers pour faire jouer des grandes pièces orchestrales de son ami Liszt. Hans Richter (1843-1916) – Grande figure de la génération wagnérienne, Richter entretint un lien direct avec Liszt. En 1873, à Budapest, il dirigea Christus lors des célébrations du cinquantième anniversaire de la carrière artistique du compositeur : un témoignage particulièrement important de la reconnaissance du Liszt religieux de son vivant. Max Erdmannsdörfer (1848-1905) – Correspondant de Liszt , il créa à Sondershausen en 1876 le poème symphonique Hamlet . Son rôle est précieux dans l’histoire lisztienne : il appartient à ces chefs qui firent sortir les œuvres orchestrales de Liszt du cercle de Weimar pour les installer progressivement dans le répertoire allemand. Arthur Nikisch (1855-1922) – Né en Hongrie comme Liszt, Nikisch appartient à la génération immédiatement suivante et connut encore l’époque du compositeur. Il allait devenir l’un des grands défenseurs de Liszt au tournant du XXe siècle, privilégiant une direction souple, sensuelle et très colorée, particulièrement adaptée au caractère rhapsodique de cette musique. et plus tard… « Les œuvres de Liszt pour piano sont reconnues, mais ses œuvres symphoniques ne sont pas assez jouées, alors que Liszt est un compositeur de premier ordre, l’un des plus grands compositeurs de tous les temps, aussi important que Beethoven. Il a écrit dans de multiples genres et a été le plus célèbre de son temps. Il a eu une grande influence sur beaucoup d’autres compositeurs, comme Wagner et Debussy, qui n’ ont cessé d’être joués, alors que lui ne l’est toujours pas suffisamment. Pourquoi ? » Leonard Bernstein De Toscanini à François-Xavier Roth, Franz Liszt occupe une place essentielle dans l’histoire de la direction d’orchestre. L’audace de son orchestration, la puissance dramatique de ses poèmes symphoniques et la modernité de son langage ont attiré plusieurs générations de chefs. Chacun y a révélé une facette différente : romantisme, virtuosité, profondeur spirituelle ou modernité visionnaire. Cette diversité d’interprétations témoigne de l’inépuisable richesse de l’œuvre orchestrale de Liszt. Quelques chefs parmi les plus importants : Arturo Toscanini – célèbre pour Les Préludes et les Rhapsodies hongroises . Chez Toscanini, Liszt trouve une grandeur orchestrale débarrassée de toute emphase gratuite : clarté, tension et puissance dramatique dominent. Thomas Beecham – pour sa Faust-Symphonie . Son approche fait ressortir le caractère théâtral, fantastique et généreusement romantique de Liszt. Ernest Ansermet – a développé une passion pour Liszt dans ses dernières années. Il fut particulièrement sensible à l’audace harmonique et orchestrale d’un compositeur qu’il considérait avec un intérêt croissant comme un précurseur de la musique moderne. Wilhelm Furtwängler – a dirigé notamment la Faust-Symphonie . Sa conception profondément romantique trouve dans Liszt un terrain privilégié pour déployer tension, architecture et profondeur métaphysique. Herbert von Karajan – a enregistré Les Préludes, Mazeppa, Tasso et plusieurs Rhapsodies hongroises . Karajan met particulièrement en valeur la somptuosité des couleurs, l’ampleur des lignes et le spectaculaire orchestral de Liszt. Willi Boskovsky – spécialiste des Rhapsodies hongroises. Son approche souligne le caractère populaire, dansant et spontanément magyar de cette partie de l’univers lisztien. Georg Solti – interprète majeur de la Faust-Symphonie et des concertos. Son tempérament énergique et théâtral épouse particulièrement bien les contrastes, les élans dramatiques et la puissance orchestrale de Liszt. Leonard Bernstein – son interprétation de la Faust-Symphonie compte parmi les grandes lectures de l’œuvre. Bernstein trouve chez Liszt ce qu’il recherche lui-même dans la musique : le théâtre, la passion, la transformation des thèmes et une interrogation profondément humaine derrière le spectaculaire. Pierre Boulez - a révélé la modernité visionnaire de Liszt en s’associant avec Daniel Barenboim au piano et la Staatskapelle de Berlin dans les deux concertos pour piano de Liszt. Son regard est particulièrement important : Boulez permet d’entendre derrière le grand romantique un expérimentateur de la forme, de l’harmonie et de la couleur orchestrale qui annonce le XXe siècle. Kurt Masur – exceptionnel dans la Dante-Symphonie. Héritier de la grande tradition germanique, Masur met en valeur l’architecture, la gravité et la dimension spirituelle de Liszt plutôt que le seul éclat virtuose. Bernard Haitink – a enregistré l'intégrale des poèmes symphoniques avec le London Philharmonic Orchestra. Son approche équilibrée et sans surcharge rhétorique permet de mesurer la cohérence et l’inventivité de Liszt dans la naissance du poème symphonique. Claudio Abbado – a souvent programmé les concertos et les poèmes symphoniques. Il privilégie chez Liszt la transparence des textures, la poésie des timbres et la mobilité du discours, révélant une musique souvent plus subtile qu’on ne l’imagine. Michel Plasson – a dirigé les concertos pour piano de Liszt avec de grands solistes. Sa sensibilité à la couleur et au lyrisme fait ressortir le dialogue entre le piano virtuose et un orchestre qui, chez Liszt, est un véritable partenaire dramatique. Zubin Mehta – a dirigé Orpheus et d'autres œuvres orchestrales. Son Liszt conjugue ampleur sonore et lyrisme, particulièrement adaptés aux grandes fresques symphoniques et à leur pouvoir narratif. Michael Halász – a enregistré les poèmes symphoniques. Son travail discographique contribue à faire entendre Liszt au-delà des quelques pages les plus célèbres et à restituer l’étendue de sa production symphonique. Iván Fischer – spécialiste du répertoire hongrois, notamment les Rhapsodies hongroises. Sa proximité culturelle avec cette tradition lui permet d’en souligner les rythmes, les inflexions et les couleurs populaires sans réduire Liszt au pittoresque hongrois. Riccardo Chailly – reconnu pour ses interprétations de Liszt avec le Gewandhaus de Leipzig. Il inscrit Liszt dans la grande tradition orchestrale européenne tout en faisant ressortir la précision de son écriture et son extraordinaire imagination sonore. Louis Langrée – a dirigé plusieurs œuvres de Liszt en concert. Son approche contribue à défendre un Liszt orchestral vivant et théâtral, dont les œuvres gagnent toute leur force lorsqu’elles sont replacées au cœur du concert plutôt que considérées comme de simples pièces de répertoire. Gianandrea Noseda – a enregistré un cycle moderne très apprécié des œuvres orchestrales de Liszt. Son engagement permet de redécouvrir un corpus beaucoup plus vaste que Les Préludes , en faisant apparaître la continuité et l’ambition du projet symphonique lisztien. François-Xavier Roth et l'orchestre Les Siècles ont marqué la critique par leurs interprétations de Franz Liszt, notamment la Dante-Symphonie et des partitions rarement jouées, en utilisant des instruments d'époque adaptés au XIXe siècle. Cette démarche renouvelle profondément l’écoute de Liszt : équilibres, couleurs et transparence orchestrale rapprochent ces œuvres de l’univers sonore que le compositeur pouvait lui-même imaginer. Les œuvres sacrées Elles révèlent un compositeur très différent du virtuose flamboyant. À partir des années 1860, sa musique devient plus intérieure, contemplative, parfois même visionnaire. Voici quelques-uns des principaux chefs qui ont contribué à faire connaître et à défendre les œuvres sacrées de Liszt après sa mort. Antal Doráti (1906-1988) – pour Christus. Doráti donne à cette immense fresque religieuse une ampleur symphonique et une intensité dramatique remarquables. Il montre que, chez Liszt, la ferveur religieuse peut s’unir à la puissance de l’orchestre et faire de Christus l’une des grandes œuvres chorales du romantisme. Helmuth Rilling (1933-2025) – pour les grandes œuvres sacrées de Liszt, notamment les oratorios et les psaumes. Rilling occupe une place importante dans la redécouverte du Liszt religieux. Son approche, attentive au texte, au chœur et à l’architecture des œuvres, révèle que la musique sacrée constitue l’un des versants essentiels de la maturité du compositeur. Michel Corboz ( 1934-2021) – pour la Missa solemnis , dite Messe de Gran . Grand interprète du répertoire choral sacré, Corboz met en valeur la ferveur, le lyrisme et la dimension méditative de Liszt. Sous sa direction, la Messe de Gran apparaît moins comme une démonstration monumentale que comme l’expression d’une foi profondément personnelle. Gerd Albrecht (1935-2014) – pour La Légende de sainte Élisabeth . Albrecht révèle la dimension narrative et théâtrale de ce vaste oratorio. Son interprétation montre comment Liszt unit la ferveur religieuse, le drame et la richesse de l’écriture orchestrale pour construire une véritable fresque spirituelle. Zoltán Peskó (1937-2020) – pour Christus . Peskó met particulièrement en lumière la construction et l’audace du langage de Liszt. Son approche de Christus permet d’entendre, derrière la tradition de l’oratorio romantique, un compositeur qui expérimente déjà de nouvelles couleurs harmoniques et orchestrales. Remarquable direction en 2011 du Christus de Liszt aux Invalides à Paris Reinbert de Leeuw ( 1938-2020) – pour les œuvres tardives et Via Crucis . Grand défenseur de la musique moderne et contemporaine, de Leeuw trouve dans le dernier Liszt un véritable précurseur. Il souligne dans Via Crucis les silences, les dissonances et l’extrême dépouillement d’une musique qui semble parfois annoncer le XXe siècle. Frieder Bernius (né en 1947) – pour Via Crucis . Bernius révèle avec une grande sobriété la spiritualité de Via Crucis . La transparence du chœur, l’économie des moyens et l’attention portée aux silences font apparaître un Liszt radicalement éloigné du virtuose flamboyant : intérieur, austère et étonnamment moderne. La succession chronologique de ces chefs raconte aussi l’évolution de notre perception de Liszt. Doráti privilégie encore la grande fresque romantique, tandis que de Leeuw et Bernius nous conduisent progressivement vers le Liszt dépouillé, expérimental et presque contemporain. Retour à la page "Aimez-vous Liszt Cliquez ici

  • intro partenaires | Lola

    Comment fonctionne cette base de connaissances sur Franz Liszt pour les initiés et les néophytes? Dans la colonne de gauche ou dans le texte ci-dessous vous pouvez cliquer sur la ligne ou le terme en couleur fuchsia et souligné et vous serez dirigé vers un développement plus complet Pour les initiés cette base de connaissances n'a pas l'ambition de constituer un recensement exhaustif de tout ce qui est à savoir sur Franz Liszt et son œuvre. Elle peut cependant à travers les témoignages que nous avons collectés de ses contemporains mais également auprès des artistes de nos jours dans la rubrique "aimez-vous Liszt" , d'identifier de nouvelles perceptions enrichissantes de son œuvre et amorcer de nouvelles pistes de réflexion. Pour les néophytes cette base de connaissance constitue un vecteur d'initiation qui accompagne les mélomanes potentiels dans la connaissance de ce grand compositeur aux mille facettes. D'abord par un résumé de sa " biographie" jalonnée de périodes particulières qui ont engendré des compositions spécifiques liées, entre autres, à ses relations "intimes" avec les femmes de sa vie qui ont éveillé son intérêt pour la philosophie et l'art d'une manière générale. Cela a engendré une "œuvre musicale" incommensurable qui en nombre de compositions dépasse largement celle de ses contemporains. Au titre de sa "carrière" il a exercé des métiers divers; pianiste concertiste, chef d'orchestre et a composé des œuvres magistrales liées à la musique religieuse et sacrée, des leader mais pas que, il était aussi un écrivain. En complément de ces divers domaines étayés par des témoignages d'hier et d'aujourd'hui, l'internaute aura accès dans la rubrique "connaître Liszt" à un recensement national et international de tous les sites spécialisés sur Liszt et de tous les festivals qui valorisent son œuvre chaque année. Dans ce développement, vous trouverez un angle d'attaque à votre mesure pour entrer dans le monde de Franz Liszt. Enfin, ce travail de synthèse n'aurait pu se faire sans une collaboration étroite avec notre réseau de "partenaires " notamment européens et nos "contributeurs" spécialisés rédacteurs d'articles insérés dans cette base de connaissance dont la pérennité est étroitement dépendante de ces contributions diverses. Alors, si vous êtes passionné de musique romantique et de Franz Liszt et que vous souhaitez contribuer à notre projet n'hésitez pas à vous faire connaître, nous prendrons aussitôt contact avec vous cliquez ici . Vous retrouverez dans le menu à gauche tous les domaines évoqués ci-dessus. Notre réseau de contributeurs et nos partenaires nationaux et européens ... ? Suite à nos sollicitations diverses des personnalités passionnées de Liszt ont apporté leur contribution en réalisant des articles que nous avons publiés et qui ont engendrés des réactions de nos internautes. Comme indiqué ci-dessus, nous souhaitons vivement développer ces types d'échanges pouvant être intégrés dans une rubrique ouverte à tous. Nous remercions, entre autres, Philippe André psychiatre, psychanalyste, écrivain, Alain Bernon, Diane Colin , chercheuse à l'Université de Toronto, et particulièrement Paul-Hubert des Mesnards, écrivain, pianiste, créateur de festivals, éditeur qui a activement contribué à l'élaboration de notre rubrique sur la biographie de Franz Liszt. Par ailleurs, Depuis la création de cette base de connaissances nous avons rencontré au cours de nos voyages divers sur les pas de Liszt des partenaires dont l'activité est totalement dédiée à l'œuvre de Franz Liszt. Ceux-ci nous ont permis de découvrir, notamment en Allemagne, en Italie aux Pays-Bas d'autres facettes du compositeur dans l'environnement qui a participé à sa création artistique. Nous citerons les voyages qu'il a réalisés avec Marie d'Agoult en Toscane ou à Rome avec la Princesse Carolyn Sayn-Wittgenstein ou ses divers séjours à Weimar. On peut citer dans ce domaine, entre autres, La Fondation Liszt à Weimar ainsi que le Musée des Archives , La Fondation Liszt à Bologne , Le Liszt Museum à Budapest.

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