Franz Liszt compositeur de lieder enchanteurs et originaux 

Le ténor Cyrille Dubois accompagné du pianiste Tristan Raës vient de sortir un CD enchanteur consacré à quelques-uns des plus beaux lieder de Franz Liszt Cliquez ici.... Il s'ajoute à d'autres enregistrements effectués par de prestigieux interprètes ; Dietrich Fischer-Dieskau a enregistré une anthologie accompagné par Daniel Barenbaum au piano (version vinyl : Cliquez ici..., Kiri Te Kanawa, Thomas Quasthoff, Jonas Kaufmann, Diana Damrau, Vincent Figuri, Cyril Huvé a aussi enregistré l'intégrale des lieder de Liszt accompagnant au piano plusieurs sopranos et ténors dont Ernst Haefliger. Ils ont tous donné raison à Hans Richter (1843-1916), chef d’orchestre ; « you will see, we will have to come back to Liszt. The excellence imbedded within Liszt' s songs will find their right place among the major songs of Schubert, Schumann and Wolf in the twenty-first century“. 

"vous verrez, nous reviendrons à Liszt. L'excellence enchâssée dans chacun de ses lieder trouvera sa juste place parmi les meilleurs lieder de Schubert, Schumann et Wolf au XXI ème siècle"

Le lied désigne une petite pièce musicale- à l'origine poème germanique populaire- chanté par une voix et accompagné le plus souvent par le piano. C'est l'équivalent de la mélodie française à qui Berlioz donna ses titres de noblesse. Les thèmes essentiels des lieder sont l'amour, la nature, les voyages, la nuit, le désespoir, la mort.

Schubert, que Liszt vénérait et dont il a transcrit plusieurs lieder, fut le plus prolifique, il en composa plus de  600, Schumann en composa 138. Pour Liszt ce serait 127 selon Alan Walker qui tient compte des reprises et des refontes conséquentes qu'il a effectuées à Weimar notamment sur les lieder qu'il avait composés pendant sa Glanzperiode principalement de 1839 à 1849.

Il les a composés essentiellement en allemand (70%) mettant en musique des poèmes de Goethe, Schiller, Heine , mais aussi en français avec 8 poésies de Victor Hugo,  en italien avec les sonnets  de Pétrarque  et en hongrois .

Comme d'habitude, Liszt le novateur, n'a rien fait comme les autres mélangeant les règles allemandes du lied avec les influences mélodiques françaises ou italiennes - en se  référant à la tradition du bel canto et de l' opéra italien - et les influences tziganes. Busoni a bien résumé la ligne créatrice de Liszt :" la floraison mélodique du latin plane au-dessus de la profondeur de pensée du nordique ". En bref des compositions cosmopolites à l'image de Liszt qui n'ont pas plu, notamment aux puristes allemands qui l'accusèrent de dévoyer le genre du lied en lui donnant des couleurs et des structures trop transgressives.

Liszt dit avoir beaucoup travaillé ses lieder qu'il a sans cesse remaniés notamment à Weimar de 1848 à 1861 où il avait à sa disposition des interprètes de très haut niveau comme Emilie Genast, qu' il pouvait accompagner lui-même. Serge Gut cite l’avis de Liszt sur ses premiers lieder " Ils sont la plupart du temps d'un sentimentalisme trop boursouflé et l' accompagnement est souvent trop touffu". Il les a ainsi simplifiés, dépouillés au profit d'un ensemble équilibré, subtil, impressionniste, lyrique.

Il espérait néanmoins que ses lieder de plus en plus désespérés au fur et à mesure qu'il vieillissait, trouveraient un public mais sans trop y croire. Il écrivit à Brendel en 1859 qu'il serait encore critiqué.  Pourtant combien de fois dans des cercles où il était honni, sa musique a été applaudie quand on ne savait pas qu’il en était le compositeur. Ainsi cet exemple cité par Serge Gut, dans un des salons qui lui étaient fortement hostiles, par erreur ses lieder présentés comme des œuvres posthumes de Schubert remportèrent un grand succès et furent bissés.

L’article du Monde du 17 janvier 1988 rend à Liszt, compositeur de lieder, ses lettres de noblesse. 

En savoir plus. 

Quelques lieder parmi les plus célèbres

- Lieberstraume (Rêve d'amour)  est un recueil de 3 œuvres  avec deux versions la première pour voix et piano et la deuxième est une transcription pour piano seul. Ils décrivent 3 différentes formes d’amour. Le premier décrit l'amour religieux, le second évoque l’amour érotique le troisième, le plus célèbre, sur un poème de Freiligrath parle de l'amour mature : " oh aime tant que tu peux aimer".

On sait peu de chose sur ces lieder sinon qu'ils ont été composés à une époque où cela allait mal entre Marie d'Agoult et Liszt, la rupture étant consommée. Pour en savoir plus, nous vous invitons à écouter l'émission Musicopolis du 14 février 2019 consacrée à ce lied. En savoir plus. 

- Les trois sonnets de Petrarque, récits des amours du poète après sa rencontre avec Laure. Ces lieder extraits du livre 2 des Années de pèlerinage ont été inspirés par ses amours avec Marie d'Agoult au bord du lac de Garde. Ces sonnets ont été maintes fois remaniés, révisés, ils sont célèbres en version pour piano seul.

Nous vous invitons à écouter

Philippe Cassard dans l'émission de France musique  " Notes du traducteur" du 20 juin 2015 Liszt, 3 sonnets de Pétrarque. En savoir plus. 
Et à vous enrichir en lisant Philippe André  Les années de pèlerinage tome 1 et 2  En savoir plus. 

 

- Die Lorely fut le premier lied écrit sur un poème dramatique de Heine. Lorelei est le nom d'une nymphe qui attire les navigateurs du Rhin par ses chants jusqu' à leur perdition. On perçoit les traditions françaises et hongroises dans cette mélodie originale et captivante.

- Der Fisherknabe, aussi dramatique que le lied précédent, le jeune pêcheur sur le lac terrifiant engloutissant une innocente victime. Ecriture pianistique dépouillée, lyrique plus que virtuose.

- Les Lieder sur les poèmes de Victor Hugo : Enfant si j'étais roi, Oh quand je dors, Charmant gazon, Comment disaient-ils? Liszt et Hugo s’admiraient. Liszt lui a donné quelques leçons de piano. Écriture musicale pleine de charme inspirée d'une ligne mélodique française.

- Die drei Zigeuner de Lenau. Véritable chef d’œuvre, atmosphère tzigane.

 

On ne peut évoquer les lieder de Liszt sans parler des mélodrames, poèmes déclamés en musique qu'il composa au cours de ses dernières années. Il faut retenir Der traurige Mönch ( Le moine triste. ) composé en 1862 sur un poème de Nikolaus Lenau, œuvre audacieuse et originale. Alan Walker nous dit " c'est dans l' histoire de la musique, la première œuvre à appliquer la gamme  par tons avec une telle rigueur. Il fallut attendre 50 ans, et les œuvres de Debussy, Schoenberg et autres pour voir une musique atonale comme celle-ci faire ses débuts officiels".  Œuvre futuriste qui nous rappelle Le Pierrot lunaire de Schoenberg

(Sprechstimme) mais  encore une fois Liszt Le précurseur , ne fut pas reconnu, toujours le même préjugé , « le célèbre virtuose qui ne savait pas composer ».

Liszt lui-même ne doutait-il pas de lui ou avait-il conscience de la modernité de ses compositions tardives lorsqu' il écrivit à Emilie Genast en 1860: "Ces dissonances atonales ne pourront probablement jamais être utilisées , tant elles sont monstrueuses et d' une sauvagerie inouïe". Émile Haraszti (Musicologue 1835-1958) lui répondra quelques décennies plus tard : « tous les compositeurs modernes polyharmonistes dodécaphonistes descendent en droite ligne de Liszt ». Hans Richter avait raison, son corpus de lieder à la musique virtuose mais dépouillée est aujourd'hui reconnu comme un chef d'œuvre et chanté par les plus grands après avoir été une source d'inspiration pour tant d'autres compositeurs, Hugo Wolf, Richard Strauss, Gustav Mahler,  Debussy ...

Pour exemple deux lied de Liszt du plus connu au plus d’avant garde :

"Liebesträum" / Rêve d'Amour (Dubois/Raës)  Pour écouter cliquer ici.

"Der traurige Mönch"  /Le moine triste  (Vincent Figuri / Lydia Jardon)  Pour écouter cliquer ici.

Pour la version française du Moine triste (Jacques Roland) Cliquez ici...

Bibliographie :

Alan Walker Reflections on Liszt (Kindle)
Serge Gut Aspects du Lied romantique allemand Acte Sud
Brigitte François-Sappey Guide de la mélodie et du lied Fayard
Suzanne Montu-Berthon Un Liszt méconnu: Mélodies et lieder ( la revue Musicale)
Philippe André Années de pèlerinage de Franz Liszt  ( 1,2 et 3) Aléa

Cyrille Dubois

Ferruccio Busoni

Pétrarque (1304-1374)

Laure  Laure de Sade (1310-1348), dite aussi Laure de Noves ; la muse de Pétrarque

Die Lorelei

Carillon de Franz Liszt et la musique minimaliste

Composé par Liszt en 1870 pour l'anniversaire de sa petite fille Daniela von Bulöw, l'Arbre de Noël est un ensemble de douze pièces, souvent inspirées de chants de Noël. La sixième intitulée Carillon rappelle par le rythme saccadé du carillon  la musique minimaliste de Philip Glass "Music with changing parts". Première minute à écouter pour comparaison. Cliquez à droite sur les deux morceaux.

Vos réactions, avez-vous d'autres exemples ?  Cliquez ici...

Pour prendre plaisir à cette oeuvre dans son intégralité écouter les interprétations de France Clidat et Leslie Howard 

"comprendre le sens mystérieux du poème de Dante" - La Dante Symphonie de Franz Liszt

Nous avons beaucoup apprécié la conférence de Nicolas Dufétel* sur la Dante Symphonie de Franz Liszt  en prévision du concert de l'Orchestre de Paris qui s'est tenu le 14 novembre dernier à la Philharmonie de Paris. 
"Dante accompagna Liszt toute sa vie : dès les années 1830, il lui inspira une pièce de piano qui devint Après une lecture du Dante, d’après Victor Hugo, insérée dans la deuxième Année de pèlerinage (Italie). Au cours de ses tournées de virtuose, il voulut par la suite composer la Divine Comédie, en collaboration avec le poète Joseph Autran, pour orchestre, récitant et chœur. Cependant, il attendit d’être installé à Weimar pour finalement composer sa Dante-Symphonie entre 1855 et 1856. Wagner considérait cette œuvre, qui lui est dédiée, comme une « création aussi géniale que magistrale ». Selon lui, elle représentait « l’âme du poème de Dante dans sa transfiguration la plus pure » et, la musique se faisant exégèse, elle permettrait de comprendre le sens mystérieux du poème de Dante. On a par exemple souvent écrit que Liszt n’avait pas mis en musique le Paradis, puisque l’œuvre paraît être en deux mouvements : « Inferno » et « Purgatorio et Magnificat ». Cependant, la symphonie de Liszt, selon ses conceptions de la musique à programme, est comme une « vision » presque surnaturelle confiée au pouvoir de la musique. La conférence, illustrée par des documents inédits ou peu connus, se propose de revenir sur l’histoire, les mystères et le sens philosophique et religieux de cette œuvre unique, « un des actes les plus étonnants de la musique » selon Wagner".

 *Nicolas DUFETEL est chargé de recherche au CNRS (IReMus/Institut de recherche en musicologie, Paris). Ancien Fellow de la Houghton Library (Harvard, 2009) et postdoc à la BnF et à la Hochschule für Musik Franz Liszt de Weimar (Institut für Musikwissenschaft /Humboldt Stiftung), il enseigne à l’Université catholique de l’Ouest (Angers). Ses travaux portent sur Liszt, le XIXe siècle et l’histoire de la musique au Levant. Auteur d’une thèse sur la musique religieuse de Liszt, il a notamment publié l’édition critique du livre de ce dernier sur Wagner, Trois opéras de Richard Wagner (2013), Tout le ciel en musique. Pensées intempestives de Liszt (2016) et la Correspondance entre Liszt et Carl Alexander, grand-duc de Saxe-Weimar (2018).

La Dante Symphonie : Dossier de la Philharmonie de Paris

Cliquez ici

...et aussi "Dante nous hante" les chemins de la philosophie (diffusé le 23/10 sur France Culture)

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Music with changing parts de Philip Glass

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Carillon extrait de l'Arbre de Noël de Franz Liszt

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la Barque de Dante ou Dante et Virgile aux enfers, par Eugène Delacroix - Musée du Louvre

La vision de l’Enfer, par Gustave Doré © Metropolitan Museum

« Ce que j’aime en Wagner, c’est Liszt »

 

 C’est ainsi que s’exprime le compositeur Philippe Hersant cité dans un livre contradictoire mais réjouissant, L’anti Wagner sans peine de Pierre René Serna  qualifié « d’impertinent et salutaire, coup de pied dans la fourmilière des pèlerins de Bayreuth » par la critique. Serna dénonce dans l’une des rubriques « Emprunts » ceux de Wagner à ses devanciers ou contemporains tels que Mozart, Beethoven, Meyerbeer, Mendelssohn, Berlioz et Liszt.

Pour continuer dans le sens de l’emprunt, mentionnons une intéressante conférence donnée dans le cadre du Cercle Wagner de Lyon par Christophe Looten : « Ce que nous apprend le journal de Cosima Wagner » :

  • Le 25 janvier 1875 Richard et Cosima viennent de recevoir un oratorio de Liszt Les Cloches de la cathédrale de Strasbourg qui les déconcerte, il  ne leur plait pas plus que ne leur ont plu les poèmes symphoniques de Liszt. Et pourtant à bien écouter le début de l’Excelsior de l’oratorio, on retrouve le thème du Saint Graal que Wagner développera pendant cinq heures dans Parsifal (1877-1882). 

 

  • Le 27 avril 1878, Cosima après avoir évoqué l’indicible modestie de son père cite Wagner qui reconnait avoir volé bien des choses chez Liszt. Un peu plus tard Wagner dira « tout est noble, princier, grandeur en lui ». Wagner admire l’homme mais moins le compositeur et C Looten nous fait sentir à la lecture du journal le complexe d’infériorité, voire la jalousie de Wagner à l’encontre de son beau-père.

 Si vous n’avez pas le temps d’écouter l’intégralité de la conférence, ce qui serait dommage, allez de la minute 49 à la 58 qui vous permettront une comparaison auditive des deux œuvres avec le commentaire du très pro-wagnérien C. Looten ne pouvant que magnifier la composition de Wagner.

cliquez ici pour l’accès à la conférence de C. Looten

 

Qu’en pensait le premier intéressé ? Franz Liszt a toujours été un admirateur indéfectible de l’œuvre de Wagner. Nicolas Dufetel en témoigne dans son livre original Tout le ciel en musique (1) dans lequel il cite les « pensées intempestives » de Franz Liszt : « Si j’avais un livre à faire sur Wagner, je prendrais volontiers pour épigraphe ce mot de Victor Hugo au sujet de Shakespeare : « j’admire tout-j ‘admire comme une brute ». « Il est des moments où je remercie Dieu de mon existence ; Wagner me les a fait ressentir plus intensément qu’aucun grand génie, ses confrères ».

Prêt à tout pardonner à son gendre, Liszt, quand ses élèves lui faisant remarquer que Wagner l’avait encore copié, répondait que c’était flatteur d’être copié par un génie.

(1) Tout le ciel en musique, pensées intempestives, Nicolas Dufetel, éditions Le Passeur 2016

Pour compléter vos connaissances musicales sur ces deux grands musiciens, lisez sur notre site la passionnante conférence « Liszt et Wagner » faite par le musicologue François Sabatier à l’église Saint- Eustache de Paris le 13 mai 2018

cliquez ici pour avoir accès à la conférence de François Sabatier

Les Cloches de la cathédrale de Strasbourg

Sardanapalo

l'opéra en italien retrouvé de Franz Liszt

Enfoui dans les archives de Weimar, dépoussièré par David Trippet, le premier acte a été monté à Weimar et joué les 19 et 20 août 2018. Franz Liszt en avait démarré la composition à Weimar en 1849

Voir dossier de présentation du site

Forum Opéra.com

La mort de Sardanapale - Eugène Delacroix 1827 Musée du Louvre

"Les Années de Pèlerinage"

Ce cycle se compose de trois années : la première évoque la Suisse, les deux autres l'Italie. Toutes les pièces sont d'une grande profondeur poétique, et souvent d'inspiration littéraire, en particulier par des références explicites à Pétrarque, Schiller, Byron ou Dante. Le 2 mai 1832, Liszt écrivait dans une lettre à un de ses premiers élèves, P. Wolf : « Voici quinze jours que mon esprit et mes doigts travaillent comme deux damnés : la Bible, Platon, Locke, Byron, Hugo, Lamartine, Chateaubriand, Beethoven, Bach, Hummel, Mozart, Weber sont tout à l'entour de moi ; je les étudie, je les médite, les dévore avec fureur. »1 C'est dans cet état d'esprit de fièvre intellectuelle et artistique qu'il écrit le cycle des Années de pèlerinage.

Au moment de sa rencontre passionnelle avec Marie d'Agoult en 1833, le compositeur est donc déjà plongé dans cette quête intellectuelle qui « contient en germe toutes les dispositions psychiques qui vont orienter Liszt vers la recherche de l'absolu, par les moyens des amours humaines, de l'art et de la religion. C'est à la lumière de ces aspirations multiples que s'élaborent les premières pièces des Années de pèlerinage dont les différentes étapes conduisant à la version définitive s'échelonneront presque jusqu'à la fin de sa vie. ».

Liszt et Marie d'Agoult s'étaient rencontrés lors d'un concert dans un salon de la noblesse parisienne. La comtesse a alors vingt-huit ans, l'artiste six ans de moins. Malgré leur différente position sociale, ils éprouvent aussitôt une violente passion réciproque. Pour lui, elle quitte son mari, le riche comte Charles Louis Constant d’Agoult, de quinze ans son aîné, en 1835. Ils fuient alors la France et arrivent à Genève le 21 août 1835 ; Liszt y dirige la classe de piano du Conservatoire et se produit en artiste international. Au cours de ses excursions comme au hasard de ses lectures, le compositeur confie alors au piano ses impressions ; ainsi naissent 19 pièces destinées aux trois cahiers de l'Album d'un voyageur (1836) dans des pays « consacrés par l'histoire et par la poésie ». Après un tri sévère, certaines d'entre elles sont constitutives des Années de pèlerinage*.

* source Wikipédia

Senancour (1770-1846) la gloire auprès des romantiques

Il fut élevé à Paris, puis chez un curé de campagne près d'Ermenonville, à Fontaine Chaâlis, où il se prit de passion pour Rousseau. Mélancolique et solitaire, il souffrit au collège des sarcasmes de ses camarades. Il s'enfuit le 14 août 1789, pour éviter le séminaire auquel son père le destinait, ce qui lui valut de figurer sur la liste des émigrés.

Il s'installa en Suisse, fit un mariage malheureux, vit sa santé décliner. Il revint en 1795 à Paris, où il venait de publier un récit, Aldomen, ou le Bonheur dans l'obscurité. En 1799, il publia ses Rêveries sur la nature primitive de l'homme, où alternent contemplation des paysages de montagne, expression de la mélancolie, désir de changer la société. Oberman (1804) est le roman qui lui vaudra la gloire auprès des romantiques. Son amertume s'exprime à travers le journal intime d'un héros malheureux, dévoré d'ennui, de doutes et d'inquiétudes. Rêveries et descriptions de la nature y tiennent une grande place. Sainte-Beuve puis George Sand louèrent ce roman, passé presque inaperçu du vivant de son auteur, malgré l'attention que lui porta Charles Nodier.

Liszt a intitulé Vallée d'Oberman l'une des pages des années de pèlerinage (la Suisse), où il a fait figurer une citation de l'œuvre de Senancour « Que veux-je? Que suis-je? Que demander à la nature ? »

(Source Wikipédia)

Etienne Pivert de Senancour

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