© 2023 par Services Compta. Créé avec Wix.com


Ses dons et sa précocité ne concernèrent pas que la musique mais se retrouvèrent dans bien d’autres domaines de sa personnalité, ainsi dans sa maîtrise de la langue française.
Franz fut élevé dans un contexte germanophone, sa mère Anna et son père Adam ne parlaient qu' un allemand dénaturé (celui du Burgenland). Ce dernier échouant à l’apprentissage du hongrois, il ne l' inculqua donc pas à son fils. En outre au XIXe siècle, La Hongrie était sous domination autrichienne.
Peut-être Liszt avait-il eu quelques notions de français avant d’arriver à Paris puisqu' en ce début du XIXe siècle toute l’Europe aristocratique et artistique était encore sous primauté linguistique française. Citons Adam Liszt, père de Franz: " je suis venu à Paris (.....) pour perfectionner le talent de mon fils par l’audition des grands artistes que cette capitale renferme en si grand nombre et pour lui faire cultiver la langue française dont il a déjà quelques notions et que l' on peut appeler à juste titre la langue européenne. "
A son arrivée à Paris en décembre 1823, il vient d' avoir 12 ans, et 4 mois plus tard, en mars 1824, il maîtrise déjà honorablement le français. Comme en témoigne  cette lettre touchante écrite à Londres par le jeune Franz et citée dans le Liszt de Alan Walker tome I.
" Monsieur, je vous serai infiniment obligée si vous voudrais bien vous donner la peine de venir me voir aujourd'hui à trois heures et quart ayant quelques morceaux de fini, et comme je désire de les faire graver je  m' adresse à vous en vous priant de bien vouloir les entendre pour que vous n' achetez pas le chat dans le sac,…"
Entre cette lettre et celle inédite ci-dessous datée du 1er juin 1826 concernant un concert qu’il a donné à Lyon et dont nous pouvons vous offrir  la primeur sur ce site grâce à Stéphane Monier,  membre des Lisztomanias International, qui en a fait l' acquisition, il ne s' est écoulé que  2 ans. Années bien remplies,  avec des tournées en Angleterre et en Suisse ainsi qu' une activité musicale importante en concerts et en compositions, son opéra "Don Sanche" écrit à 13 ans produit à l'Académie Royale de Paris et la composition et publication de son Étude pour le piano en 12 exercices (48 initialement prévus) qui deviendront plus tard Les Études d' exécution transcendante.
Liszt a ensuite vécu une douzaine d' années à Paris où il a pu s' imprégner de la  culture française; il a toujours préféré s' exprimer en français qu' il maîtrisait mieux que la langue allemande comme le prouve  la quantité d'œuvres, essais et prose écrits dans un excellent français. Rappelons néanmoins qu' il s'est toujours défini comme  " magyar" et qu' il se sentait avant tout Hongrois , nationalité qu’il revendiquait pour ses trois enfants.

Françoise Quédeville Marmey

Lettre inédite du 1 juin 1826, Liszt à 14 ans (voir ci contre)

Voir ci-dessous commentaire de Stéphane Monier que nous remercions pour son intéressante contribution.


 

 

 

La précocité de Liszt et sa maîtrise de la langue française.

 LETTRE INEDITE DE FRANZ LISZT ECRITE DANS SA QUINZIEME ANNEE

 

          En l’an 1826 le jeune Liszt effectua une tournée de concerts dans le sud de la France. Il se produisit en effet dans les villes de Bordeaux, Marseille et Lyon. Dans la « Cité des Gaules » Liszt se présenta trois fois en public : le mardi 23 mai, le mercredi 31 mai, puis, suite à l’insistance du Préfet, du Maire et du Lieutenant général, le mardi 13 juin, invariablement à 8 heures du soir dans l’ancienne salle de la bourse au Palais Saint-Pierre.

         Cette lettre, écrite le lendemain du deuxième concert, témoigne de la maturité du jeune Liszt et de sa maîtrise (déjà) de la langue française. Grâce à un article de Antoine Salles, conseiller municipal de Lyon, publié en 1911   pour le centenaire de la naissance de Liszt, nous en savons un peu sur l’organisation et la teneur de ces concerts. Des personnalités musicales de la ville telles que Mrs Baumann et Donjon, l’un premier violon, l’autre flûtiste à l’orchestre du Grand-Théâtre et Mlle Falleville qui quelques semaines plus tôt avait créé « la Dame blanche » (François Adrien Boieldieu) s’étaient mis à sa disposition pour l’encadrer et le seconder. Le prix des places était modeste, fixé à 3 francs.

         Le programme du 31 mai comprenait une étude de piano  probablement extraite de la première mouture des futures études d’exécution transcendante publiée chez Boisselot à Marseille en cette année 1826 sous le n° d’opus 6 - en fait 1- et dédiée à une jeune bossue Lydia Garella, son premier amour !

         Figurait également un pot-pourri dans lequel s’enchaînaient des motifs du chœur des Montagnards écossais de la Dame blanche, un air des Noces de Figaro et divers autres morceaux connus. Enfin, une ouverture, celle de Don Sanche,  jouée auparavant le 20 juin 1825 à Manchester.   Lors de ce concert, Donjon exécuta des variations sur la flûte et Mlle Falleville chanta un air des Folies amoureuses.

        

Que faut-il entendre par le terme « brioches » à prendre au sens figuré ?

Certainement la fantaisie et les acrobaties pianistiques auxquelles le public était peu accoutumé à cette époque.

Il faut remarquer aussi l’ardent et précoce désir du jeune Liszt de s’imprégner de la culture française.  Le destinataire de la lettre « Mon cher Monsieur Fouquet » n’a pas été identifié.

 Stéphane Monier

Franz Liszt jeune musicien en 1825

Pour ce qui est de la précocité de Franz Liszt en matière musicale, écoutez sur YouTube l'ouverture de "Don Sanche", opéra qu'il a composé à l'âge de 13 ans.

https://youtu.be/qMaBhgVKgwE

Où Franz Liszt doit-il être inhumé ?

Après sa mort survenue le 31 juillet 1886 à Bayreuth où Cosima, sa fille, avait exigé, peut-on dire, que son père, bien malade, assista à la première représentation de Tristan au Festspielhaus, sa dépouille  fut  

l' objet de querelles concernant son lieu d' inhumation.

Qui furent les protagonistes  qui " combattirent " pour s' approprier le corps du défunt?
- Weimar, que Liszt ne cessa de fréquenter sur plus de 40 ans, faisant de cette ville une capitale musicale de premier ordre attirant l’élite mondiale des artistes de l’époque 
- Budapest : Liszt est Hongrois, il est né à  Doborjàn aujourd'hui Raiding. Il fit maints séjours en Hongrie au cours de sa vie prouvant son attachement pour ce pays.
- Bayreuth ou plutôt, devrions nous dire, Cosima qui tenait à ce que son père y soit inhumé et qui a fait ce qu' il fallait pour éliminer  les deux autres compétiteurs. Concernant Weimar, elle exigea que son père fut enterré dans le caveau royal avec Goethe et Schiller, ce qui fut refusé et pour La Hongrie, elle prit ombrage  d'un discours malencontreux du Premier Ministre de l' époque doutant du patriotisme de Liszt pour refuser jusqu' à la fin de ses jours qu' il y fut transféré. 
Finalement le mausolée fut construit à Bayreuth mais  la querelle ne cessa pas et dura encore une quarantaine d' années. Même à ce jour certains Hongrois n'ont toujours pas perdu espoir.
Que voulait Liszt? Peut-être est-il un peu responsable de cette situation puisqu'il a souvent donné des informations contradictoires quant à son lieu d’inhumation.

Tout d’abord à Caroline Sayn-Wittgenstein et plus tard à son Valet Milka, il déclara qu'il souhaitait être enterré là où il mourrait. Puis d' autres fois il déclara que ce serait à Rome où il a souvent séjourné « si j’avais le choix de ma sépulture se serait au cimetière de Tivoli »  ou à st Tropez, Blandine sa fille y avait acheté une maison juste avant de décéder.
Cosima, selon Alan Walker, voyait en Liszt une ombre pour la renommée posthume de Wagner. La comparaison s' il était inhumé à Bayreuth, en bas de la colline, serait sans conteste  favorable à Wagner.
D'un côté le Festspielhaus consacré à l' œuvre de son mari, Wahnfried leur magnifique demeure   

 (aujourd'hui musée)  et le tombeau de Wagner dans le beau Parc. Pour Liszt, Juste de l'autre côté de la rue Siegfriedstrasse , un modeste appartement loué dans la maison de Frau Fröhlich, où il avait été hébergé durant ses derniers jours (Cosima n' en avait pas voulu à Wahnfried ) aujourd'hui transformé en un modeste musée et son mausolée au cimetière municipal de Bayreuth.

Ainsi pour les visiteurs de la postérité, l'avantage en terme d’image serait à Wagner. Vengeance de la part de Cosima ? Liszt, son père, s’il ne manqua jamais de soutenir ses enfants matériellement, sur le plan affectif ne fut pas à la hauteur puisqu' il resta par exemple près de 9 ans sans venir les voir lorsqu'ils étaient à Paris élevés par leur grand-mère bien qu’ils ne cessèrent de le réclamer comme en témoignent leurs nombreuses lettres. Cosima n’a-t-elle pas écrit dans son Journal "qu’elle n' avait eu ni père ni mère et que seul Wagner l' avait aimé...".


Pour en savoir plus, un livre incontournable, base pour tous ceux qui s' intéressent à Franz Liszt, le Liszt d’Alan Walker aux éditions Fayard en deux volumes. A lire les trois derniers chapitres du tome II relatant de façon très émouvante les derniers jours de ce grand musicien. Ouvrage bien documenté, sérieux, il se lit comme un roman, ce que fut la vie de Liszt.

Françoise Quédeville Marmey

" en septembre 1887, le monument était en place. Au- dessus de l’entrée, on avait placé une inscription reproduisant une phrase du Nouveau Testament : " Ich Weiss dass mein  Erlöser lebt " ( je sais que mon Rédempteur est vivant ). Le bâtiment fut endommagé au cours des dernières semaines de la Deuxième Guerre mondiale et le cercueil de Liszt fut provisoirement exhumé avant d’être réenterré au même endroit, recouvert cette fois d’une simple pierre tombale. En 1978, la ville de Bayreuth a restauré le mausolée d' origine qui est toujours en place aujourd'hui ."
Extrait de  Liszt d' Alan Walker tome 2 Fayard

Le Mausolée de Franz Liszt à Bayreuth

"Ich Weiss dass mein Erlöser lebt"

"Je sais que mon rédempteur est vivant"

 

Franz Liszt fut-il un "coureur"?

Il fut une des premières victimes du « Rock Star System ». Bel homme, très séduisant, musicien doué, cultivé et éclectique dans ses savoirs, célèbre, charismatique et généreux, il ne lui manquait rien pour être courtisé à outrance, aujourd’hui nous dirions harcelé. Tous ceux qui le rencontraient étaient séduits. Parmi les multiples éloges, retenons en un tout simple, celui de l’écrivaine Georges Eliott en 1854 lors d’un voyage à Weimar, Liszt avait 43 ans : « Génie, bienveillance et tendresse rayonnent de toute son attitude, il maniait l’instrument avec calme et aisance et son visage était tout simplement magnifique » (1).

Il fréquentait les salons, les milieux huppés où l’on rencontrait les femmes qui par leur fortune pouvaient être les plus élégantes, les plus séduisantes et les plus cultivées. Il avait l’embarras du choix et on lui a prêté beaucoup de conquêtes, cela continue encore aujourd’hui. Il existe un site faisant l’inventaire de toutes les femmes qu’il a côtoyées ou avec qui il a vécu sans faire le distingo sous le titre, Liszt, « Unions et enfants »  Pour accéder à ce site cliquez ici

 Il avait un type de femme, pas toujours les plus jolies, mais toutes intelligentes et cultivées, avec souvent un faible pour les femmes inaccessibles soit par leur rang, soit par leur engagement dans leur mariage (Caroline de Saint Cricq, la Comtesse Marie d’Agoult, la Princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein ) .

Il fut donc harcelé, courtisé jusqu’ à la folie, on ramassait ses bouts de cigare, lui coupait les cheveux, on l’observait au télescope, on l’épiait, le surveillait, on se pâmait. Et il en fut ainsi même dans sa vieillesse, citons Adelheid von Schorn, écrivaine allemande :

« Je n ai jamais vu qu’avec dégout ce don qu’avait Liszt d’attirer les femmes. Cela n’eut point de cesse même dans sa vieillesse et il était pénible de constater qu’il se trouvait des femmes capables de regarder le vieillard comme une proie désirable….malheureusement je n’ ai vu que trop souvent comment les femmes se jetaient sur lui, si bien qu’ on aurait pu penser que les rôles étaient inversés » (2).

Fut-il sensible à toutes ces démonstrations ? En profita-t-il ? A t-il eu ce que l’on appelle aujourd’hui une vie de coureur ?

Que disent les principaux exégètes de Liszt ? Opposons ceux dont les ouvrages font référence sur notre compositeur. Si Serge Gut dans son livre Liszt est le plus accusateur et lui prête maintes conquêtes, Alan Walker dans son Franz Liszt considère qu’on lui en a données beaucoup trop sans preuves ; « pas une seule pièce véritablement probante n’a été mise à jour qui prouve que le lien de Liszt avec l’une de ces femmes a été de nature sexuelle ».

Nous ne les départagerons pas, d’autant qu’il y a eu tant d’autres biographes qui se sont penchés sur la question sans trouver un consensus, même après avoir décortiqué sa volumineuse correspondance. Liszt n’était pas du genre à étaler ses exploits amoureux, restant toujours discret.

Il faudrait définir par quoi démarre l’engagement amoureux. A la lecture de la pléthorique correspondance romantique, on se rend compte de l’emphase qui était mise dans les rapports humains, beaucoup de pleurs, d’embrassades et de mots d’amour sans qu’il n’y ait eu quoi que ce soit. Ainsi, citons George Sand concernant Liszt : « j’aime Franz c’est une partie de mon propre sang ».

Liszt n’a jamais attrapé la syphilis contrairement à nombre de ses « collègues » artistes, pour ne citer que ceux qu’il a connus ou qui lui ont été contemporains :  Beethoven, Paganini, Schubert, Heinrich Heine, Schumann, Flaubert, Baudelaire, Jules de Goncourt, Alphonse Daudet, Nietzsche, Gauguin, Guy de Maupassant, Rimbaud, Manet…

Que disent celles qui l’ont bien fréquenté ? Marie d’Agoult et sa fameuse phrase : « je veux bien être votre maitresse, pas une de vos maitresses », Carolyne Sayn-Wittgenstein : « il aimait la compagnie des femmes parce qu’elles l’adulaient, le valorisaient et lui apportaient la consolation dont il avait besoin de l’acharnement dont il était victime de la part de la critique et de tant d’autres qui le jalousaient et n’avait de cesse de l’assassiner » (1). Lorsque vieillissante à Rome, jalouse et alimentée par toutes les rumeurs qui lui parvenaient elle lui écrivait, lui reprochant ses tardives aventures ; « cela gâtera votre biographie » (3).

Enfin ses élèves disaient qu’il était de nature affectueuse avec la gente féminine et sans prêter à mal.

Il a sans aucun doute été un grand séducteur, écartelé entre ses sentiments et sa vocation religieuse, mais pas un grand collectionneur ni un grand libertin.  Les séducteurs n'ont pas forcément de rapports sexuels avec toutes celles qu'ils séduisent. Comme le dit la Princesse, Liszt était trop pris par son travail, sa musique et ses appétences religieuses. Ne serait-ce pas en raison de ce dernier élément qu’il suscita tant de rumeurs ?  Franz Liszt a rejoint les franciscains en 1865, ne recevant que les ordres mineurs mais portant la soutane et il continuait à séduire parfois à son corps défendant comme ce fut le cas avec Olga Janina (voir ci-après). Peut-on imaginer plus croustillant pour alimenter les rumeurs et les conversations de salon, et cela continue encore aujourd’hui !

  1. Alan Walker Franz Liszt Fayard

  2. Serge Gut Liszt Editions de Fallois

  3. Guy de Pourtales 1926 La vie de Franz Liszt ebooks-bnr.com

FQM

La Comtesse Marie d'Agoult

la Princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein

Un cas d’harcèlement : Olga Janina 

Olga Janina, sous le pseudonyme de Robert Franz, raconte dans un livre pamphlet intitulé Souvenirs d’une cosaque comment souffrant d’une addiction pathologique à l’égard du compositeur, elle harcela « X », en fait Liszt, jusqu’a à y laisser toute sa fortune. Janina dans ce roman autobiographique se venge, comme Marie d’Agoult l’a fait avec Nélida.

Les faits :  en 1869 Liszt a 58 ans, il porte la soutane et se voit harcelé par une de ses élèves Olga Janina, prétendue Comtesse cosaque de 26 ans. Après avoir tenté de le tuer parce qu’il ne voulait pas répondre à ses avances elle se voit expulsée de Budapest.

L’ouvrage : on se l’arrache dès sa première publication en 1874, et il rencontra un tel succès qu’il n’y eut pas moins de 13 éditions sous différents titres et différents pseudonymes. Liszt et la Princesse Sayn-Wittgenstein en furent meurtris, citons cette dernière dans un courrier à Edouard Liszt : « le monde sait bien que le pamphlet de Janina est plein de fausseté ; mais qu’on dit que ce sont les détails qui sont faux » (1)  

Petit roman agréable à lire en raison de l’humour dont fait preuve l’auteur, ainsi évoquant Weimar « petite ville où les chaussettes du souverain sèchent sur les haies des frontières ».

Janina est ouverte, intelligente et presque féministe. La première rencontre avec « X » (Liszt) donne le ton au roman, c’est un coup de foudre : « je revins malade, fascinée, éblouie ».

Commence un harcèlement qui va durer des mois et qui la mène partout où Liszt de sa vie trifurquée se trouve, à Weimar, en Hongrie, à Rome : « je ne pouvais aimer qu’avec violence, frénésie … il serait à moi ou je le tuerai ».  Elle nous fait découvrir son acharnement au travail et sa religiosité : « j’assistais tous les jours à la messe de 6 heures, placée dans l’ombre d’un confessionnal, je le regardais prier ». Son addiction la conduira à tous les excès : « je m’abaissais à un triste espionnage et ne cessait de l’épier jour et nuit jusqu’ à l’épuisement … enfin « X » paraissait. J’oubliais mon mal et ma douleur, je l’avais vu ! Je m’en retournais consolée, guérie, pour recommencer le lendemain »

Elle dépense toute sa fortune et plus tard celle de sa fille pour séduire  « X », elle le couvre de fleurs et va jusqu’ à le harceler à la Villa d’ Este où il s’ est réfugié. De toute évidence et à l’aveu de Janina, il refusait de donner suite. A l’époque, les lois contre le harcèlement sexuel n’existaient pas.

Comment cela s’est il terminé ? « X » a-t-il cédé ? elle mentionne à la fin du livre une scène qui a fait scandale où « X » après la messe du Vendredi Saint  l’enlace et l’étouffe de baisers. C’est la scène la plus chaude du livre, il n’y a aucune mention de rapports sexuels . Compte tenu de ses confessions débridées, s’ils avaient eu lieu, elle les aurait bien complaisamment mentionnés.

Elle termine son livre méchamment comme marie d’Agoult avec Nélida en nous montrant un Liszt vaniteux, hypocrite, qui l’a ruinée parce qu’il aimait le luxe et tous ses raffinements « il m’a aimée pour ma richesse ».  A-t-elle confondu Liszt avec Wagner ?

Faut-il la croire ? Toute sa vie selon les biographes, n’est que mensonges. Les grands moments de son enfance qu’elle décrit dans les premiers chapitres font douter de la véracité des faits.

Laissons à Olga Janina les derniers mots de cette histoire qu’elle place dans la bouche de « X », trop content de s’en être débarrassé après qu’elle eut tenté de le tuer parce qu’il refusait de répondre à ses avances : « la violence de vos sentiments trouble la paix qui est une des conditions de mon existence. Souffrez donc que je m’abstienne de recevoir vos étranges élucubrations jusqu’ au moment où vous aurez compris qu’il n’y a pas de bonheur possible en dehors de l’observation des lois divines. Il faudra aussi vous réconcilier avec votre sort, qui n’est d’ailleurs que le fruit de vos diverses imprudences ».

Souvenirs d’une Cosaque par Robert Franz deuxième édition, librairie internationale Lacroix et Cie, éditeurs 1874

(1) Serge Gut Liszt

FQM

En 1869 Liszt a 58 ans, il porte la soutane et se voit harcelé par une de ses élèves Olga Janina, prétendue Comtesse cosaque de 26 ans.

Olga Janina « je ne pouvais aimer qu’avec violence, frénésie … il serait à moi ou je le tuerai ». 

La tombe de Daniel Liszt à l'ombre du Mur de Berlin

Une nouvelle contribution pour notre site de la part de Christine van Zandijcke (Belgique) fidèle des Lisztomanias international, qui lors d’un déplacement récent à Berlin s’est mise en quête de la tombe de Daniel, fils de Franz Liszt, qui est située là où passait le « mur » !

 

Voici ce que Christine nous écrit :

« Dans Alan Walker j'avais lu que Daniel était décédé chez sa sœur Cosima à l’époque épouse de Hans von Bülow à Berlin.
Walker (dans sa première édition, quand la RDA existait encore) écrivait aussi que le Mur de Berlin passait littéralement sur sa tombe.
Avant de partir pour Berlin, j'ai consulté ce site: https://www.findagrave.com/memorial/29634052/daniel-liszt

C'est au nord de Berlin-Mitte, métro (U-Bahn - ligne U6) Schwarzkopffstraße, pas loin du Museum für Naturkunde, à 3 stations au nord de Friedrichstr., dans la Liesenstraße nº6 , à droite dans la rue en venant du métro/Musée.
Une partie du vieux Domfriedhof contient une section de la communauté française: c'est là !
Belle journée !
Christine »

Daniel Liszt est le troisième et le dernier enfant que Franz Liszt eut avec Marie d Agoult. Né le 9 mai 1839 à Palestrina près de Rome, il ne vécut qu’une vingtaine d’années, anéanti par une phtisie galopante en décembre 1859.

Sa vie avait bien mal commencé, pendant ses deux premières années, il fut « abandonné » par ses parents chez une nourrice qui le laissa mourir de faim. Heureusement son parrain, le célèbre peintre et ami du couple, Henri Lehmann le retira à temps et le « ressuscita » alors que Marie d’Agoult semblait l’avoir déjà abandonné. N’écrira-t-elle pas à Lehmann : « Les nouvelles de Daniel me donnent une grande joie. Toutefois je vous défends absolument d’y retourner avant votre départ. C’est une vraie folie et au fond une folie sans résultat. Cet enfant est forcément confié à la Providence et au hasard, ce que j’ai de mieux à faire est d’y penser le moins possible ». Il fut ensuite confié à sa grand-mère Anna Liszt à Paris qui finit par le requinquer et le choya en lieu et place de ses parents. Liszt qui assura le bien-être matériel de ses enfants fut un père absent puisqu‘il resta, à partir de 1844, près de 9 ans sans venir les voir tout en refusant à Marie le droit de s’en occuper.

Daniel fréquenta plus tard le lycée Bonaparte, aujourd’hui lycée Louis le Grand. Après des débuts un peu difficiles, il se révéla être un brillant élève faisant la fierté de sa famille. Pour le récompenser, Liszt le fit venir à l’Altenburg. Ainsi à 15 ans il rejoignit à Weimar son père qu’il va enfin découvrir et admirer. En 1857 il partit pour Vienne afin de faire des études de droit qui ne l’enthousiasmaient pas. Il passera ses vacances d’été à Berlin chez Cosima encore mariée avec Hans von Bülow et c’est chez elle qu’il mourut de phtisie le 15 décembre 1859.

Son père alerté par Cosima eut juste le temps d’arriver 2 jours avant sa disparition. Il se serait endormi dans ses bras et ses derniers mots auraient été : « je vais préparer vos places ». Cosima fut très marquée par le décès de son frère et appela sa première fille Daniela.

L’enterrement eut lieu le 15 décembre au cimetière catholique de Berlin. En 1860, Liszt composa « les Morts », ode funèbre à la mémoire de Daniel. 

Comme nous le montre la photo envoyée par Christine, une grande croix blanche se dresse sur la tombe portant cette inscription : 

  Daniel Liszt

 Né à Rome le 9 mai 1839

 Mort à Berlin le 13 décembre 1859

Daniel Liszt

 Né à Rome le 9 mai 1839

 Mort à Berlin le 13 décembre 1859

Crédit photo : Christine Van Zandijcke

Musée virtuel Richard Wagner : Daniel Liszt à 15 ans lors de son séjour à Weimar (médaille)

             www.lisztiens.com 

Contact : reminiscences.liszt@gmail.com -     Mob: +33 6 51 24 50 77  

              Mentions légales

Diese Website wurde mit dem Homepage-Baukasten von
.com
erstellt. Erstellen Sie Ihre Website noch heute.
Gleich loslegen